AU PAYS DU SANG ET DU MIEL d’Angelina Jolie (2012) 

Durant la guerre de Bosnie en 1992, une histoire d’amour se noue entre un officier serbe et une femme bosniaque devenue sa prisonnière…

UN FILM AUSSI GRAVE QU’INSOUCIANT

Pas de stars, pas de langue anglaise et encore moins de scènes grandiloquentes. Loin du style hollywoodien, Angelina Jolie fait dans la sobriété pour raconter l’un des plus grands génocides d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L’ambassadrice des Nations Unis rend compte des faits avec précision en racontant la déportation, les viols et les exécutions sommaires. Oui, l’actrice-réalisatrice s’attaque au sujet de l’épuration ethnique de façon tout à fait honorable. Mais il y a quelque chose qui cloche, quelque chose de vraiment dérangeant dans ce récit. Le film est emmené par Ajla (Zana Marjanovic), une héroïne bosniaque qui accueille chaque évènement avec beaucoup trop d’enthousiasme. On comprend sa joie de vivre quand elle tombe amoureuse d’un policier serbe avant le début du conflit. On cerne moins ses minauderies lorsqu’elle est déportée dans une camp de concentration pour femmes. Grâce à ses galipettes avec l’ennemi serbe, elle a chaque fois droit à un traitement VIP pendant que ses co-détenues passe à la casserole du viol quotidien. Angelina Jolie pare son histoire d’amour d’une aura protectrice désagréable. Non pas qu’on aimerait voir Ajla se faire torturer à chaque scène mais cette relation naïvement virginale, que la réalisatrice oppose à la cruauté humaine, est parfois insupportable. Malgré la gravité des évènements, la jeune femme semble physiquement inatteignable : mise en plis parfaite, maquillage inaltérable et tenue impeccable. Perpétuellement servie dans un écrin, l’héroïne semble toujours heureuse comme un faux raccord constant avec l’Histoire. Quand à son bourreau, il vivote dans la même insouciance agaçante. Il est bien étrange de traiter de la guerre par le point de vue d’amoureux transits. Pourtant, pour sa première réalisation, Angelina Jolie n’est pas mauvaise. Elle réussit par une vivacité narrative à susciter de l’intérêt pour un conflit peu évident. Et si finalement l’ex-Tomb Raider était meilleur metteur en scène qu’actrice ?

Article écrit le 26 Février 2012

Titre VO: In the land of blood and honey /Pays : USA/ Durée : 2h05/ Distribué par Metropolitan  FilmExport/ Interdit aux moins de 12 ans / Sortie le 22 Février 2012

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