LE HAVRE d’Aki Kaurismäki (2011)

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Autrefois écrivain, Marcel Marx s’est exilé au Havre pour vivre une vie modeste de cireur de chaussures et se sentir plus proche des réalités du monde. Ses journées sont rythmées par l’arrivée des trains en gare, les soirées au bistrot du coin et les repas en tête à tête avec sa femme Arletty. Un jour, au port, la police découvre un container rempli des clandestins africains. L’un d’eux, âgé d’une dizaine d’années, s’échappe et croise la route de Marcel…

UN FILM OVNI ET HUMANISTE

Moins austère que L’homme sans passé ou Les lumières du Faubourg, ce nouveau film de Kaurismäki surprend par son humour décalé et sa tendresse. On aimera ou pas ce ton faux, totalement improbable, mais on ne pourra pas nier la sensibilité du propos. Tourné dans les vieux quartiers industriels du Havre, le film charme par son univers mêlant décors du passé et du présent. Les imageries surannées d’une vieille ville des années 60 se confrontent à la modernité des centres de rétentions. Par cet antagonisme, Kaurismäki oppose la désobéissance civique aux lois bêtes et méchantes, la solidarité des peuples à la délation. Marcel Marx (André Wilms), Arletty (Kati Outinen) et Little Bob (authentique rocker havrais) sont des personnages hauts en couleurs, donnant une belle leçon d’humanisme. Le commissaire Monet, campé par un Jean-Pierre Daroussin énigmatique, a beau porter un imperméable melvilien, cela ne le rend pas moins sympathique.
On se prend vite au jeu de cette aventure un peu à part. Récompensé par le prix Louis Delluc, Le Havre est un bel ovni tendre et chaleureux.

Titre : Le Havre/ Pays : Fra-All-Finlande/ Durée : 1h33/ Distribué par Pyramide Distribution/Sortie le 21 Décembre 2011

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