LE REVE DE CASSANDRE de Woody Allen (2007)

cassandre

Deux frères réalisent un vieux rêve en s’achetant un modeste bateau. Dès lors, les deux hommes se sentent pousser des ailes et veulent satisfaire de nouvelles ambitions. Tandis que Ian (Ewan Mc Gregor) dépense sans compter pour impressionner sa nouvelle copine, Terry (Colin Farrell) croit que la chance lui sourit enfin lorsqu’il gagne une grosse somme d’argent au jeu. Mais la roue tourne et ils se retrouvent vite désargentés. L’arrivée providentielle d’un oncle fortuné va peut-être tout arranger… Mais à quel prix ?

Après Match Point et Scoop, Woody Allen revient avec le troisième volet de son échappée britannique. On y retrouve deux frères marqués par une profonde dualité. Complices de toujours, Ian et Terry se révèlent sous un jour très différent face au crime. Ils deviennent totalement opposés dans leur manière d’aborder et de vivre leur crime. Alors que l’un est réticent, l’autre accepte sans état d’âme. Après l’acte, Ian savoure sa nouvelle vie luxueuse alors que Terry est rongé par la culpabilité. Deux frères pour deux vices très différents. Ian est poussé par son ambition grandissante. Il s’est créé un personnage de riche séducteur pour plaire à sa ravissante comédienne. Et peu à peu cet homme fictif prend le dessus. Il est prêt à tuer pour protéger son image. Alors que Terry a des ambitions moindres. Ce garagiste a pour seul vice le jeu. Il représente l’anglais moyen qui n’a que des rêves simples : offrir à sa femme la maison de ses rêves. C’est d’ailleurs pour cela que le crime est d’autant plus disproportionné pour lui.

Woody Allen opère une réelle rupture avec les films qui ont fait son succès (Annie Hall, Tout le monde dit I love you, Manhattan). Dans Match Point, le cinéaste explore la noirceur de l’âme, tandis que Scoop met en scène un Woody Allen moribond dans une comédie grinçante. Là, retour au noir avec un film sombre et cruel sur une ambition destructrice. Dans chacun des trois films, l’ambitieux devient criminel comme si le réalisateur interdisait définitivement à ses personnages de rêver. 

 
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