W d’Oliver Stone (2008)

Oliver Stone retrace le parcours de George W. Bush. Le portrait se veut explosif : W est un crétin, W est alcoolique, W mange salement son hamburger et ses frites, W s’étouffe avec un bretzel… Pathétique Bush : il ne sait même pas faire « Président de la République » !

Mais à trop vouloir le ridiculiser, Oliver Stone finit par le déresponsabiliser complètement. Bush est un benêt qui se retrouve à la Maison Blanche juste pour impressionner Papa. Mais rien à faire, Bush Sénior n’a d’yeux que pour Jeb Bush, le petit frère modèle. Et puis, c’est dur la politique ! W découvre que son équipe lui ment. Donald Rumsfeld dit « Rumy » et Dick Cheney alias « Vice » lui ont fait croire qu’il y avait des armes de destructions massives en Irak. Lui pensait vraiment qu’il y en avait et qu’il allait les trouver. Pauvre W, si naïf ! Il finit par engueuler son équipe, les larmes aux yeux de s’être fait berner comme ça. En fait, la guerre en Irak, ce n’est pas sa faute : ce sont Rumy et Vice les coupables !

Oliver Stone veut-il faire rire ou faire pleurer ? Visiblement mal à l’aise avec son sujet, Stone jongle maladroitement entre la satire et le biopic de base. Il alterne scènes de décisions politiques et gros plans sur Bush qui s’empiffre jusqu’à nous donner la nausée. En quoi le montrer sur ses toilettes et se gavant comme un porc le rend moins crédible en président ? On attendrait un peu plus de virulence dans le propos, mais on reste en surface. Tout sent l’imposture, la mascarade. Josh Brolin fait de son mieux, il imite la voix de Bush à la perfection. A part ça, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Les autres personnages sont autant de figurants obsédés par leur ressemblance avec les originaux. On se prête au jeu du qui est qui, mais on regrette déjà la performance réduite au simple sosie. Colin Powell, le bon Samaritain, nous fait le coup des grimaces appuyées pour dire qu’il vote la guerre à contre-cœur. Condoleezza Rice émet des sons bizarres et dodeline de la tête comme les chiens en plastiques des voitures.

Personne ne sait réellement où se placer. On dirait des pantins lisant leur texte et cherchant des yeux un réalisateur fuyant sa propre mise en scène. Oliver Stone veut faire une parodie mais en même temps raconter la vraie vie de George W. Bush. La valse entre les genres nous fait perdre le fil. On rit un peu, on n’apprend pas grand-chose et on s’ennuie beaucoup devant un film bavard et quelque peu raté.

Titre : W/ Pays : USA/ Durée : 2h00/ Distribué par Metropolitan FilmExport/Sortie le 29 Octobre 2008
Publicités