ÉTREINTES BRISEES de Pedro Almodóvar (2009)

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Harry Caine, scénariste aveugle mais productif était autrefois Mateo Blanco, un réalisateur de renom. Il travaille avec sa fidèle Judit, productrice et amie de longue date, qui a connu à la fois Harry et Mateo. Deux noms pour deux vies que se dévoilent dans deux récits parallèles. C’est la réapparition du fils d’un ancien rival, le mystérieux Ray X, qui va rouvrir les plaies cicatrisées de notre personnage et faire ressurgir des souvenirs douloureux. Un accident de voiture, l’amour fou pour une actrice vedette disparue, un film saboté… La vie de Mateo dévoile au fil d’un récit plein de rebondissements.

Avec Etreintes brisées, Pedro Almodóvar rend hommage au cinéma, à la création et à la relation toute particulière qui lie un réalisateur et son actrice. Malheureusement, l’exercice pêche par quelques maladresses qui finissent par nuire à l’histoire. D’abord, l’intrigue ne s’installe jamais. D’ailleurs, y a t-il réellement une intrigue ? Il y a quelques mystères à élucider : qu’est-il arrivé à Mateo, qui est cette brunette sur la photo (Penélope Cruz), qu’y a t’il dans le sac en plastique caché dans le tiroir…? Pedro Almodóvar a toujours eu une sympathie un peu trop poussée pour les telenovelas dont il reprend souvent le style dans ses films. Ainsi, on n’échappera pas à de fausses révélations finales : « Diego, Mateo est ton père ! » (Information que l’on comprend pourtant dès le départ).  Il y a les mystères qui n’en sont pas : le banal accident de voiture, par exemple. Vu le machiavélisme du rival, on s’attendait au moins à ce qu’il orchestre l’accident fatal… Eh bien non, c’est juste un chauffard qui passait par là ! LA révélation du film (le film raté par Harry était en fait un montage saboté) ne vaut pas ces 2h10 d’inaction et d’ennui. Almodóvar aime le cinéma (oui on a compris) et son actrice fétiche, Penélope Cruz. Alors, il l’a met en scène en Audrey Hepburn. Mais pour quoi faire ? Ca n’apporte absolument rien au récit.

Dans « Volver », Almodóvar rendait modestement hommage à ses actrices et à toutes les femmes. Ici, l’hommage se transforme en caricature. Penélope Cruz
joue les actrices blessées et troublées façon Marilyn mais rien n’y fait, on n’y croit pas. Almodóvar semble se parodier lui-même. La scène entre Penélope Cruz et Carmen Machi, d’abord médiocre dans le montage raté, est remontée par Harry Caine. Pedro Almodóvar semble nous donner une leçon de cinéma : « Voilà ce qu’est une vraie scène de comédie ! ». Et Harry (Almodóvar) admire son œuvre corrigée, comme s’il avait retrouvé la vue. Malheureusement cette scène remontée est aussi médiocre que les autres. C’est raté !

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