CAPITALISM : A LOVE STORY (2009) de Michael Moore Note : 6/10

CAPITALISM A LOVE STORY

Après le fléau des armes à feu (Bowling for Columbine), le 11 septembre de George W. Bush (Fahrenheit 9/11) ou encore les défaillances du système de santé américain (Sicko), Michael Moore s’intéresse aux origines et aux dérives du capitalisme. C’est l’occasion de revenir sur plusieurs affaires peu médiatisées hors des frontières américaines. Capitalism : a love story dévoile sans ambages les méthodes inavouables des multinationales (comme ces polices d’assurances souscrites sur la tête des salariés permettant à leurs employeurs de gagner une fortune) et dresse le portrait tordu d’un pays accro au capitalisme qui le gangrène. Michael Moore revient également, avec une ironie féroce, sur le scandale plus connu des subprimes et interviewe dans la foulée les victimes de l’affaire.
Mais pourquoi ce documentaire est-il aussi confus ? Le film passe du coq à l’âne et se disperse de façon désastreuse. Ainsi, passe t-il des maisons de correction privées financées frauduleusement par les fonds publics aux salaires médiocres des pilotes d’avions, puis revient maladroitement sur le business immobilier des maisons saisies déjà évoqué plus tôt. Dans ce joyeux désordre, Michael Moore intercale de longues séances lacrymales où chaque victime du système vient raconter son malheur comme s’il était chez Oprah Winfrey. Le documentariste rajoute également des plans où il se met en scène de façon ridicule tel le Don Quichotte d’un combat social perdu d’avance. Malheureusement, le mélange des genres finit par décrédibiliser son propos et ses multiples dénonciations. Et les intervenants, par forcément légitimes, n’arrangent rien (comme cet acteur s’exprimant à titre d’expert économique). On aimerait tellement apprécier ce film de bout en bout, tant sa colère est nécessaire. Mais Michael Moore affaiblit la portée de son essai en voulant y introduire beaucoup trop de sujets annexes, comme si l’urgence et l’ampleur des catastrophes économiques engendrées par le capitalisme l’avaient totalement dépassé. Même s’il est plus documenté que Sicko, film raté sur l’assurance maladie, Capitalism : a love story revêt un caractère brouillon et assez déconcertant.

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