POTICHE de François Ozon (2010) Note : 5/10

POTICHE.jpgSuzanne est une potiche ! En femme au foyer accomplie, elle
passe ses journées à entretenir sa maison, écrire des poèmes et subir les infidélités de Robert, son mari. Pendant ce temps, celui-ci, directeur d’une usine de parapluies, tyrannise son personnel
comme il brime sa femme. Dépassé par la grève de ses employés, Robert fait un malaise. Suzanne se retrouve alors, malgré elle, propulsée à la tête de l’entreprise. Un vent de révolte se lève…

 

Potiche c’est Retour vers le futur dans les années 70. Tout est sympathiquement kitch comme les joggings de Catherine Deneuve ou les téléphones en
velours couleur caca d’oies. Quant aux personnages, ils ressemblent aux héros de notre enfance : Jérémie Renier paraît tout droit sorti d’un épisode de Scooby Doo et Judith Godrèche est une pétillante Drôles de Dames. Ozon joue à fond la carte nostalgique avec des
références appuyées à Jacques Demy (Les parapluies de Cherbourg, Une chambre en ville…) et des
chansonnettes disco. C’est rigolo d’autant que Luchini en fait des tonnes façon Louis de Funès. Mais passé le trip 70’s, le charme désuet n’opère plus.

Suzanne, plus libérée qu’on ne le croit, (clin d’œil à Belle de jour), s’émancipe pourtant mollement dans un monde déjà bien trop démodé pour son
époque. Ainsi, pas de divorce pour la potiche, ni d’avortement pour sa fille malgré une crise conjugale. A peine ébauche t-on la perspective d’une carrière politique pour la semi-rebelle.
Décidément, le film souffre de son sujet traité comme un objet de collection poussiéreux. François Ozon aborde un féminisme en toc qui n’agite que quelques petites mamies au marché. Les phrases
sakozyennes crachées par un Luchini survolté (« Travailler plus pour gagner plus », « Casse-toi pauv’ con ») sèment le trouble sur la réelle portée que veut donner le
réalisateur à son film. Pas vraiment actuel, ni tout à fait passéiste, Potiche est hors du temps. Et c’est pour cela qu’on se sent comme Marty dans
la trilogie de Zemeckis : on est pris par une irrésistible envie de rentrer à la maison.