ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Tim Burton (2010) Note : 6/10


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Alice a grandi : fini pour elle les chenilles bleues fumant la pipe et les chats invisibles dont elle ne se souvient plus. A 19 ans, elle va se marier avec un lord assez laid qui a des problèmes gastriques ! Mais le pays des merveilles a besoin d’elle pour mettre fin à la tyrannie de la vilaine Reine Rouge… Là voilà donc de retour dans ce monde fantastique où les potions font grandir, les gâteaux rétrécir et où un drôle de lapin blanc passe son temps à consulter sa montre…

Tim Burton réussit à restituer la magie du conte de Lewis Caroll tout en restant fidèle à son propre univers. Cette Alice-là est cool et stylée, toujours parfaite dans ses tenues faussement négligées. Les autres personnages tels que la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) et le Chapelier Fou (Johnny Depp) font eux aussi leur défilé de mode Burtonien. Il y a une vraie recherche esthétique dans les couleurs, à dominantes rouges et noires,  et un très beau jeu de clair-obscur. Mais à part ça ? Le récit manque parfois de rythme. Chacun joue sa partie avec plus ou moins d’enthousiasme. Alice est dans son rôle de chic fille, le Chapelier Fou déraille, la Reine Rouge s’hystérise à vue d’œil et la Reine Blanche semble sortie d’un trip à l’opium… Bref, chacun est enfermé dans son rôle sans qu’il y ait de réelle interaction avec l’histoire. Lorsque l’enjeu est enfin établi, on s’attend à ce que le rythme s’accélère, en vain. Et ce n’est pas Johnny Depp, malgré ses cheveux roux et ses paupières turquoise, qui va apporter le grain de folie qu’il manque. Bien au contraire, il participe à cette passivité générale. Lorsqu’il apparaît pour la première fois à l’heure du thé, cela devient la scène la plus soporifique du film. Pourtant il y a quelques séquences fortes comme les luttes avec quelques créatures maléfiques. Là, le film reprend un rythme d’aventures. Le choix de vieillir cette Alice permet d’élargir le propos sur la perception du monde réel. Il ne s’agit plus d’un regard d’enfant sur le monde des adultes mais plutôt d’une prise de conscience de la vie et de l’affirmation de soi. Malgré quelques longueurs, Alice au pays des merveilles est un divertissement agréable à voir avec ou sans 3D, c’est pareil.

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