GAUMONT OPERA PREMIER (Paris 2ème) : Quand le projectionniste décapite La Comtesse

Hier, j’ai voulu voir La Comtesse de Julie Delpy. Je m’attendais à savourer « la finesse de son jeu », la « subtilité de ses dialogues » et « sa maîtrise du gore » comme le disaient si bien les critiques dithyrambiques. J’espérais donc passer une bonne soirée… C’était sans compter sur la bêtise du cinéma Gaumont Opéra Premier ! Après 20 minutes de pubs, de bandes-annonces indigestes (Fatal Bazooka, L’Agence tous risques), Jean Mineur, le film commence enfin. Mais voilà que je constate un truc bizarre : le logo du distributeur, BAC FILMS, est étrangement énorme sur l’écran. Puis, apparaît « A Julie Delpy film », déformé également. Là je me dis que ce n’est pas possible, qu’ils n’ont pas pu commettre une énormité pareille. Eh bien si, il l’ont fait : ils se sont planté de format ! L’image était totalement compressée sur les côtés : concrètement cela donne des personnages de 3 mètres de haut et minces comme des haricots verts… Bien évidemment, on ne voyait plus que le haut des sous-titres (accents circonflexes, la barre des t et les points des i). J’espérais vainement qu’une bonne âme proche de l’entrée de la salle aille prévenir quelqu’un mais rien ne se passait. Les gens riaient benoîtement en attendant que le projectionniste se rende compte de son erreur. Il y a avait même des retardataires qui continuaient de s’installer malgré la vue des personnages filiformes aux têtes coupées. Vu que ça ne dérangeait que moi, je me suis levée, prenant mon sac et ma veste, bien déterminée à râler auprès du premier employé venu.

Hors de la salle (salle 3), je râle donc sur le vendeur de pop-corn déjà au courant du problème. Et telle n’a pas été ma surprise de croiser une mécontente venue d’une autre salle (salle 6) signaler que son film était diffusé sans son ! Arrive alors la responsable du cinéma contre qui je m’énerve de plus belle car elle m’annonce qu’on ne remettra pas le film au début. Dommage car durant ces dix premières minutes surréalistes, il y avait toute la situation historique du film. Les quelques rares spectateurs sortis de la salle y retournent précipitamment, résignés. J’ai beau crier : « Mais c’est quoi ce cinéma !!!!!!!», j’ai droit à un laconique « Bah je sais pas » de la responsable mollassonne. Je gueule tellement qu’elle finit par s’excuser et me donne une invitation pour une prochaine séance.

Ce qui est hallucinant, c’est que les gens ne disent jamais rien. Tout le monde s’écrase. L’image est déformée, on ne voit pas les sous-titres, il n’y a pas de son, on a parfois payé 10 euros sa place et on ferme sa gueule ! Peut-être que si tout le monde était sorti de la salle pour manifester son mécontentement, le cinéma n’aurait pas eu d’autre choix que de redémarrer le film. Mais les moutons abreuvés de coca et de pop-corn sans saveur ingurgitent les films comme autant de produits de consommation.

D’habitude les salles Gaumont sont plutôt correctes, comparées aux UGC souvent inconfortables et diffusant un son de mauvaise qualité. Mais là, franchement, c’est le service le plus médiocre que je n’ai jamais vu. C’est pire que les cinémas Rythman ! Et c’est dur d’être pire qu’un Rythman, un jour je vous raconterai… Merci Gaumont !

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