MAMMUTH de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2010) Note : 7/10

 

mammuth-affiche.jpgSerge dit « Mammuth »
(Gérard Depardieu), découpeur de viande dans un abattoir, prend sa retraite avec un enthousiasme tout relatif.  Pour toucher l’intégralité de sa
pension, il va devoir retrouver tous les justificatifs de ses emplois passés. C’est l’occasion pour Serge de sillonner la France en moto et de croiser pas mal d’égarés laissés au bord de la
société.

Mammuth est dans la vie comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Avec ses allures un peu sauvages, ce nouveau retraité ne trouve pas sa place. Ni à la maison où sa femme
(Yolande Moreau) ne supporte pas son inactivité, ni à la caisse de retraite pour qui il n’existe pas encore. Trop grand, trop costaud, trop bourru, il a du mal à rentrer dans les cases. Mais il
n’est pas le seul. Entre une nièce, artiste incomprise, une voleuse nymphomane et un plagiste chercheur d’or, le film s’attarde sur des personnages au banc de la société, exclus du système parce
qu’incapables de se soumettre aux règles. Le film explore une succession de lieux où Mammuth a travaillé au noir tels qu’une boîte de nuit, un cimetière, un garage, une fête foraine, autant
d’endroits qui rendent son travail inexistant aux yeux de l’administration. Comme si tous ses efforts pour s’intégrer dans la société étaient dérisoires. Hanté par le souvenir de l’amour de sa
vie (Isabelle Adjani), Mammuth, reviendra de son périple plus lucide que jamais sur ce qui a réellement de l’importance dans une vie.

Même si le film enchaîne quelques longueurs et maladresses, il n’en reste pas moins touchant à l’image de son personnage, une grande brute au cœur tendre.