L’ELITE DE BROOKLYN d’Antoine Fuqua (2010) Note : 6/10

 

lélite-de-brooklynDans un Brooklyn miné par la violence, la drogue et la prostitution, trois flics à la dérive se croisent, partagés entre le
Bien et le Mal. Il y a d’abord Sal (Ethan Hawke), le fervent catholique croulant sous les dettes au point de lorgner sur l’argent des saisies policières. Ensuite, Eddie (Richard Gere), le futur
retraité à la carrière médiocre, qui a des tendances suicidaires. Et enfin Tango (Don Cheadle), infiltré dans le milieu de la drogue et négligé par sa hiérarchie, qui se sent peu à peu glisser
vers le côté obscur. Chacun lutte contre ses propres démons, s’interrogeant sur son boulot de flic et sa vie personnelle comme si les deux voies étaient irrémédiablement incompatibles. Alors que
Sal n’arrive plus à assumer son rôle de chef d’une famille nombreuse, Tango voit son infiltration ruiner définitivement son mariage. Pour Eddie, c’est pire : il est en pleine misère
sexuelle. Ce sont trois flics à fleur de peau, jamais très loin de basculer vers l’irrationnel. Le tout se passe dans la chaleur d’un Brooklyn exacerbant les pulsions meurtrières.

Dommage que la mise en scène ne soit pas à la hauteur du scénario. L’Elite de Brooklyn pêche par excès d’imageries tape-à-l’œil et de gros
plans clinquants. Les mouvements de caméra sont aussi élégants que les caïds affublés de la mythique panoplie chaînes en or et grosses Berlines.

Don Cheadle et Richard Gere sont plutôt convaincants dans ce registre de flics déboussolés. Wesley Snipes s’en sort bien aussi dans son rôle de
gangster vieillissant. En revanche, Ethan Hawke en fait des tonnes comme d’habitude, en pauvre type paumé et pleurnichard. Il a le même rôle que dans Little New York de James DeMonaco
où, là encore, il essayait de voler l’argent des malfrats pour joindre les deux bouts. On retrouve son air ahuri, ses mimiques de grand angoissé et on n’y croit plus. Bien sûr on pense à
l’excellent Sur écoute  (The Wire) qui suivait flics et voyous dans les rues de Baltimore. Il y a d’ailleurs dans le film quelques acteurs de la série en guise de clin d’œil. Mais
on est loin de la subtilité de la saga urbaine de David Simon. Antoine Fuqua, déjà à l’origine du très lourdingue Training Day, avec le même Ethan Hawke braillard, s’est certes calmé,
mais pas au point de nous épargner les fusillades clipées et la réalisation gangsta. Reste tout de même un polar efficace et pertinent dont il faudra plus retenir le fond que la
forme.