ROBIN DES BOIS de Ridley Scott (2010) Note : 7/10

XIIème siècle. Richard Cœur de Lion meurt durant les croisades à Châlus sous les armes françaises. Robin Longstride et ses amis, archers du Roi, quittent la France déguisés en soldats de la garde royale pour ramener la couronne du défunt et l’épée d’un combattant mourrant à son père. En Angleterre, alors que le frère cadet du roi déchu accède au trône, Robin assiste à la déliquescence du pays où intrigues politiques et corruption deviennent les maîtres mots du nouveau régime. Le peuple en est la première victime, obligé de se saigner à blanc pour payer des taxes démesurées. Robin décide alors de prendre les armes pour déjouer les plans de la cour et rendre au peuple ce qui lui appartient.

Dans cette énième version de Robin des Bois, Ridley Scott a l’originalité d’aborder la genèse du personnage. C’est donc un homme simple et non le héros des opprimés que nous suivons avec ses faiblesses et ses complexes. En effet, Robin et ses amis n’hésitent pas à dépouiller de leur or les soldats morts au combat pour améliorer leur vie d’humbles serviteurs du roi. A leur arrivée à Nottingham, ils ne se sentent pas non plus très concernés par les problèmes du peuple face à l’oppression royale. Mais c’est par la force des choses qu’ils finiront par s’investir dans ce combat. « Ils » car il s’agit d’un enjeu collectif. Même si Robin est au centre de l’histoire, Ridley Scott fait en sorte d’étendre le sujet au groupe. Le traditionnel adage « l’union fait la force » prend ici tout son sens lorsque les combats réunissent du même côté les archers, les propriétaires terriens, les enfants des bois et même les barons. C’est donc une lutte sociale qui s’engage parallèlement aux croisades.

Mais Robin des Bois est aussi une histoire d’imposture. L’archer se fait passer pour un combattant nommé Loxley puis, plus tard, le père de Loxley fait croire à son entourage que Robin est son fils revenu des combats. Lady Marianne, veuve de Loxley, perd un mari mais gagne un amant et un sauveur. L’imposture arrange tout le monde. Dans ce travestissement, on peut déceler les prémices de la légende du Robin Hood. Autre évocation du futur héros, la discrète présence des enfants « sauvages » qu’on ne voit qu’en silhouette et qui pillent dès le début du film les propriétés. Leurs agissements se font en parallèle de ceux de Robin comme un échos à ses futures actions. Ridley Scott nous montre que tout le monde peut être un Robin des Bois, d’où la vision continuellement collective. Même Lady Marianne s’affirme en guerrière et n’a rien d’une frêle femme attendant le retour de son héros. Elle participe aux combats comme les autres et se bat comme un homme.

Visuellement, le film est plaisant avec des scènes de bataille plutôt réussies. Russell Crowe et Cate Blanchett sont tout de même crédibles malgré leur âge et les seconds rôles sont bien employés. Petit Bémol pour Jonathan Zaccaï, alias Philippe Auguste. Peut-être est-ce une conséquence du montage mais on sent que ce roi de France est loin de tout, spectateur des combats sanglants du fond de son bateau. On a parfois l’impression que l’acteur n’était même pas sur le tournage et que ses scènes ont été jouées à part puis ajoutées plus tard. Ses répliques semblent en décalage avec le reste et il donne le sentiment de réciter son texte, sans âme. A part cela, Robin des Bois est un film d’aventure bien maîtrisé. On attend la suite.

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