DOG POUND de Kim Chapiron Note : 6/10

 

Dog-Pound-affiche.jpgAngel, Davis et Butch, âgés respectivement de
15, 16 et 17 ans, sont envoyés à la prison pour mineurs d’Enola Vale (USA) pour divers petits délits. En tant que nouveaux arrivants, ils sont les proies de brimades et petites humiliations
orchestrées par une poignée de caïds. Tous les trois subissent sans rien dire jusqu’à ce que l’un d’eux, tout juste sorti du mitard, décide d’affronter son bourreau. Une fois la guerre des nerfs
déclenchée, sera-t-il encore possible d’échapper au retour de bâton ?

Kim Chapiron, réalisateur de Sheitan, signe un film réaliste et haletant. Dog Pound évoque avec justesse la violence quotidienne et l’absence d’issue. Le film est porté par de jeunes
acteurs dont la performance surprend par son naturel. On retrouve aussi dans le film tout ce qui caractérise le film de prison : la drogue, la frustration sexuelle, la promiscuité, la
rébellion et l’ascension sociale au sein du groupe. Malheureusement, ces sujets ont été maintes fois abordés sur petit et grand écrans avec des séries comme Oz, Prison Break ou
le remarquable film de Jacques Audiard Un prophète. Le scénario aurait gagné en originalité en creusant un peu plus le sujet autour des mineurs parfois trop jeunes pour l’univers
carcéral ou l’aspect éducatif inexistant. On regrettera également quelques scènes lourdes et inutiles comme ce fantasme d’ado raconté avec beaucoup de lourdeurs ou la scène du dessin au mur tout
aussi plombante. La cerise sur le gâteau est une scène de viol, passage obligé des films du genre, sur-bruitée pour marquer la violence. Dans Dog Pound, il y a un peu du voyeurisme de
Larry Clarke et de la neutralité de Gus Van Sant, et la maladresse en plus.

La mutinerie, clou du spectacle, concentre toute la haine plus ou moins refoulée de ces mini-Scarface. Reste à savoir quoi retenir de toute cette agitation : pas plus de choses qu’à
l’accoutumé pour ce type de films si ce n’est la persistance à s’enfoncer vers une voie sans issue.