CES AMOURS-LÀ de Claude Lelouch (2010)

CES-AMOURS-LA.jpgIlva aime l’amour. Alors, elle tombe amoureuse d’un
étudiant en droit, d’un officier nazi, de deux soldats américains, d’un avocat pianiste… pendant que le monde s’écroule autour d’elle.

 

Après le très bon Roman de gare, on s’attendait à une autre jolie pépite pour les 50 ans de carrière de Claude Lelouch. Dommage qu’en guise de
cadeau, il nous offre ce film choral, outrageusement pénible, sur l’Occupation. Ces amours-là est une montagne de superficialités, toujours à
contretemps. Cela commence par une musique envahissante qui ne s’arrête jamais malgré les drames. Ensuite, on a droit à tout un tas de détails ahurissants comme un téléphone dans les trains de
déportés. On est effaré lorsque dans un camp de concentration deux prisonniers, bien portants, démarrent un bœuf au son de « Que reste t-il de nos amours ? » tandis que les autres
observent le spectacle affalés sur des barbelés en caoutchouc… Mais le plus consternant est, sans aucun doute, le jeu d’acteurs pathétique. Audrey Dana, totalement anachronique, parle comme si
elle jouait dans une comédie bobo pour trentenaires. Et les seconds rôles ne sont pas mieux : Judith Magre est incroyablement théâtrale et mécanique, Anouk Aimée est effacée et désincarnée
et Liane Foly, qui se la joue Arletty, nous empoisonne les oreilles avec sa voix nasillarde. Même Dominique Pinon est médiocre comme s’il n’était pas dirigé. Le film, très long, balaye la période
de l’Occupation à nos jours. Lelouch souhaitait avec Ces amours-là rendre hommage au cinéma. On comprend l’intention, on sait que ce film lui tient à
cœur. Mais pourquoi est-il aussi maladroit ? Il y a plein de longueurs, trop de bavardages et une réalisation hasardeuse. Ainsi, comment expliquer ces longs gros plans sur le personnage
d’Ilva à 90 ans, dans un studio d’enregistrement, avec en fond sonore une musique grandiloquente ? C’est une vraie déception.