THE TOWN de Ben Affleck (2010) Note : 7/10

THE TOWN affiche

A Boston, dans le quartier de Charlestown, Doug et sa bande de braqueurs chevronnés font le malheur des banques locales. Lors d’une nouvelle attaque, ils prennent en otage Claire, la directrice de l’établissement. Après l’avoir relâchée, ils découvrent avec stupeur que la jeune femme habite à quelques mètres de leur quartier. Doug est censé se débarrasser de Claire avant qu’elle ne reconnaisse l’un des malfaiteurs, mais au lieu de cela, il s’embarque dans une relation amoureuse avec elle au risque de compromettre le reste de son équipe…

Ben Affleck réalise un bon polar, plutôt bien ficelé, rythmé, avec des scènes d’actions efficaces. L’histoire de hold-up est assez classique mais l’idée d’explorer les bas-fonds de Boston donne une couleur un peu différente à un genre déjà bien éculé.  Cependant, était-il judicieux pour Ben Affleck de jouer dans son propre film ? Pas sûr. En effet, l’acteur-réalisateur n’oublie pas de se donner le beau rôle délaissant ainsi les autres personnages. On aurait aimé, par exemple, un rôle de flic à la personnalité plus marquée pour s’opposer au charismatique Doug. Mais bien sûr, il ne fallait pas qu’un autre acteur vole la vedette à notre bel éphèbe qui ne se prive pas de se filmer sous tous les angles. De même, Rebecca Hall qui joue Claire est, certes, agréable dans son rôle d’amoureuse mais ce n’est pas non plus la grande passion. D’ailleurs Ben Affleck filme timidement cette amourette comme s’il n’y croyait pas vraiment. Un peu trop lisse, le personnage de Rebecca Hall n’émerge pas vraiment. C’est bien pour cela qu’on a tant de mal à l’imaginer éventuellement complice du braquage. Blake Lively, l’autre personnage féminin du film, est le pendant négatif de Claire. Mère célibataire, droguée, vulgaire, elle est le cliché de la fille paumée que l’on retrouve dans tous les films de « gangsters ». Pas très original, ce rôle lui permet tout de même de casser cette image de fille trop sage entretenue par la série Gossip Girl. On sent parfois Ben Affleck frileux avec certains sujets comme cette paternité plus ou moins sous-entendue mais pas vraiment exploitée pour ne pas donner l’image d’un héros salaud.

Dans l’ensemble, c’est un polar de bonne facture mais tout de même très classique. On passera sur la fin un peu gnan-gnan laissant la part belle à un acteur qui, décidément, s’aime beaucoup.

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