EXPO : BASQUIAT au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2010)

 

Expo basquiat

 

Jean-Michel Basquiat aurait eu 50 ans cette année. Pour l’occasion, le musée d’Art Moderne de la Ville de Paris rend hommage à l’artiste new-yorkais avec une grande rétrospective, précédemment
organisée à Bâle. C’est l’occasion d’explorer une œuvre riche et mal connue d’un des artistes majeurs des années 80. Dans ses tableaux, on découvre la rage, la violence du quotidien, un besoin
urgent et instinctif de dire les choses, qui sont en totale contradiction avec le style enfantin des dessins. Et c’est bien là toute la force de l’oeuvre : mettre à nu par des traits simples
une brutalité sociale et culturelle.  

 

Autant vous prévenir : avant d’aller à l’exposition, voyez le documentaire de Tamra Davis ou tout au moins, munissez-vous d’un hors-série du style Connaissance des arts, car malheureusement vous n’aurez absolument aucune parcelle d’explication à l’intérieur du musée. Moi qui connais un peu les tableaux de
Basquiat (modestement), je suis restée vraiment sur ma faim concernant le contexte des œuvres. Il ne me semble même pas que des audio-guides aient été proposés. C’est donc de manière un peu
hasardeuse que l’on s’aventure dans l’univers de Basquiat, vif et dense, avec quelques interrogations. Le musée a fait le choix de classer les peintures de Basquiat par la chronologie des
galeries qu’il a investi. Pourquoi pas. Seulement, il aurait aussi fallu rappeler les évènements anecdotiques qui ont marqué son œuvre comme un grave accident de voiture à l’âge de six ans
que l’on retrouve dans ses tableaux, la mort du graffeur Michael Stewart tué par la police ou le décès de son ami Warhol ; et évoquer cette recherche constante d’une identité noire à travers
des figures emblématiques. Il n’est pas mention non plus des maîtres qui l’ont influencé (Picasso, Dubuffet ou De Kooning), ni des Comics qu’il aimait tant. Bref, c’est une expo brute comme le
travail de l’artiste et qui ne s’embarrasse d’aucune contextualisation. Bien sûr, on retrouve les hommages répétés aux grands boxeurs noirs américains (Sugar Ray Robinson, Jack Johnson, Cassius
Clay),  au jazz de Charlie Parker, de Miles Davis et l’évocation des rites tribaux africains. Il y a des œuvres marquantes comme Arroz con pollo, énigmatique scène d’intérieur où les rôles de mari et femme semblent inversés, le troublant Skull, l’une des toiles les plus chères de Basquiat, quelques tableaux de la collaboration avec Warhol, le très morbide et prémonitoire Eroica II… En revanche, on ne trouvera pas Doz cabezas (portrait de Basquiat et Warhol), Mona Lisa (version trash du tableau de De Vinci) ou encore Death of Michael Stewart. Sans doute que les
détenteurs de ces pièces, pourtant marquantes, n’ont pu ou voulu les prêter. Malgré tout, c’est une « rétrospective » intéressante qui se laisse découvrir.

 

Exposition BASQUIAT 

Du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011

http://mam.paris.fr/fr/expositions/basquiat