EXPO : BRUNE/BLONDE à la Cinémathèque française, Paris (2010)

Brune Blonde« Brune/Blonde » ou devrait-on dire la chevelure au
cinéma, dans l’art et la société en général. Pourquoi pas… Mais encore faudrait-il donner une ligne directrice à cette exposition. Ce sont  d’abord,
des couvertures de magazines féminins qui nous accueillent avec en une des actrices à longue crinière comme Catherine Deneuve ou Françoise Dorléac. Puis s’enchaînent les extraits de films :
Riz amer, Belle de jour, Gilda, Lost Highway, Vertigo et toutes l’agitation des chevelures incandescentes. S’en suivent quelques tableaux dont le
portrait de Lana Turner par Andy Warhol. On découvre, également, un panorama assez drôle des modes capillaires hollywoodiennes, des années 20 à 60, ainsi que leurs influences à travers le monde.
Un peu plus loin, on évoque la chevelure comme symbole d’une émancipation féminine dans les années 70.  C’est l’occasion de voir les Suffragettes américaines jeter leurs soutiens-gorge,
alliances et collants (ces ultimes marques d’oppression), ou d’écouter le discours de Kathleen Cleaver, militante des Black Panthers. S’en suivent, les cheveux au Maghreb, en Asie, en
Afrique…avec toujours des extraits de films. Il y a également des photos d’Edouard Boubat, Bernard Plossu et Man Ray consacrant la chevelure. Puis, un bronze de Rodin, un tableau de Fernand
Léger, des affiches d’Alfons Mucha, des cheveux sur pellicule par Camille Henrot… Et encore des extraits de films : Jules et Jim, L’Avventura, Le miroir de Tarkovski, Senso… Bref, une accumulation de choses autour des cheveux sans qu’il y ait
véritablement un rapport entre tout ça. Etrange, d’ailleurs, d’appeler l’exposition « Brune/Blonde » alors qu’il n’est jamais question d’étudier la dualité entre les deux au cinéma.
Pourtant, il y avait de quoi faire avec David Lynch, Tarantino ou Almodóvar. L’exposition se termine par les
courts-métrages inédits de six cinéastes parmi lesquels Isild Le Besco, Abbas Kiarostami ou Abderrahmane Sissako, d’une qualité inégale. Enfin, il y a le documentaire Brune/Blonde d’Alain Bergala, commissaire de l’exposition, pas inintéressant mais incroyablement laborieux.

 

Au final, ce « Brune/Blonde » se laisse voir mais ce n’est pas la meilleure exposition de la Cinémathèque. Le thème pourrait être passionnant pourtant l’ensemble manque
cruellement  de relief et de perspicacité. C’est surtout un évènement bien marketé avec de belles affiches, de jolies photos tirées de Mulholland Drive et Etreintes brisées, un beau catalogue, des badges, des bloc-notes, un coffret DVD et… une
bonne couverture presse.

 

Exposition BRUNE/BLONDE

Du 6 octobre 2010 au 16 janvier 2011

http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/brune-blonde/