LES PETITS MOUCHOIRS de Guillaume Canet (2010) Note : 5/10

Petits mouchoirs2h34… Comment un film de potes peut-il durer
2h34 ? Avec une durée pareille, on espère que le film ait une vraie richesse de scénario, de personnages et d’intrigues. Eh bien, non ! C’est dommage car ça commençait bien :
Malgré l’accident de scooter de leur copain Ludo, une bande d’amis décident, tout de même, de partir en vacances…C’est l’occasion de découvrir les petits travers de chacun.

 

Le problème du film est qu’on ne sait rien du passé des personnages. Chacun a ses petites manies et ses névroses, mais rien n’est dit sur l’origine du mal. Marion Cotillard se comporte comme un
« salaud » avec les hommes sans que l’on sache pourquoi. Son blocage sur les relations amoureuses n’est jamais expliqué. On apprend même qu’elle est aussi goujate avec les femmes et
cela n’est pas du tout exploité. De même, le personnage de Laurent Lafitte s’enferme complètement dans son obsession pour son ex-compagne, Juliette. Pendant deux heures, il ennuie tout le monde
avec sa rupture, s’écoutant parler et ignorant les soucis des autres. On espère qu’avec un comportement pareil, il n’aura que ce qu’il mérite. Mais pas du tout ! Il récupère quand même sa
Juliette. Donc quelle est la morale de cette histoire là ? Autre personnage antipathique : celui de François Cluzet. Prétentieux, caractériel et stressé, il sait se faire détester.
Pourquoi est-il aussi névrosé alors qu’il a une belle famille, des amis qui l’aiment et une vie de rêve ? Comme il n’y a pas de raisons à ses problèmes, il ne peut pas y avoir de solutions
non plus, ni d’évolution possible. Le sujet autour de la sexualité de Vincent (Benoît Magimel) n’est pas plus développé. Est-il homosexuel ou fait-il juste une fixation sur son ami Max ?
Qu’adviendra t-il de son mariage ? Que cache sa boulimie de chocolat ? Là encore, Guillaume Canet ne dénoue pas l’intrigue autour de ces questions. On espère bêtement que ce séjour va
révéler quelque chose de profond chez les personnages, de quoi casser les stéréotypes du début, mais rien n’arrive. Même après les diverses confrontations, chacun continue de remâcher ses petites
contrariétés sans jamais se remettre en question. Puis vient LA révélation qui permet à tout le monde de se réunir autour d’une pleurnicherie commune. Finalement, on regarde tout cela sans état
d’âme en se demandant vraiment pourquoi étirer ce gros chamallow sur la longueur. 

 

Quelques bons films de potes à revoir :

Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet (1974)

Un éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert (1976)