AMORE de Luca Guadagnino (2010) Note : 6/10

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Etrange Amore ! A la fois magistral et pénible, tout aussi enivrant que laborieux, ce film ne s’encombre d’aucune modestie, lorgnant sans
vergogne sur les terres Viscontiennes.  Empruntant à la tragédie grecque, Amore sait se faire aimer et
haïr, en jouant sur une esthétique de l’émotion. Tout est exagéré : images très léchées, réactions théâtrales, passions exacerbées par une musique grandiloquente… Pourtant, on se laisse
séduire par cette histoire d’amour qui se nourrit d’art culinaire. Quand Tilda Swinton exulte à la dégustation d’une écrevisse, c’est tout simplement jouissif. Car c’est à ce moment précis
qu’elle tombe amoureuse de la cuisine, du jeune cuisinier, mais aussi d’un ailleurs. Cette liaison arrive comme une bouffée d’air frais dans l’univers trop rigide de ce clan familial milanais.
Elle, grande russe longiligne qui a gommé ses origines, retrouve son identité slave grâce à cette aventure. En se coupant les cheveux, elle affirme son émancipation comme sa fille a affirmé son
homosexualité. Cette passion irrationnelle prend sa force dans l’inconsistance des autres personnages et c’est ce qui la rend si singulière. Dommage que le film vire, quelquefois, au grotesque.
Poétique, troublant, et parfois bizarre, Amore est un film que vous aimerez ou que vous détesterez.