L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE d’Éric Lartigau (2010) Note 6/10

Affiche-duris.jpgPaul a la belle vie : marié, deux enfants, ce
grand avocat savoure sa réussite sociale dans sa superbe maison de banlieue. Mais son bonheur s’écroule lorsque sa femme, Sarah, demande le divorce pour tomber dans les bras d’un photographe
baroudeur. Lors d’une confrontation, l’amant balance à Paul tout le mépris qu’il a pour sa petite vie bourgeoise et superficielle. Le jeune homme s’empare alors d’une bouteille et blesse
mortellement son rival…

 

Eric Lartigau, réalisateur de Prête-moi ta main, nous sert une adaptation-bateau du livre de  Douglas
Kennedy. Le problème du film, et sans doute du livre, est qu’il veut traiter trop de sujets en même temps : la crise du couple, l’accomplissement personnel, la vie de bohème, l’art de la
photo et même le sort des clandestins, le tout dans un rythme frénétique et aberrant. Ajoutons à cela une réalisation inégale dont la première partie reste empêtrée dans une mascarade de
grand standing et de pseudo cruauté. Tout sonne faux, à commencer par Romain Duris qui parade, la réussite sous le bras et la mèche branchouille, dans un costume d’avocat d’affaires bien trop
grand pour lui. Il y a aussi ce couple improbable formé  avec une Marina Foïs, blême comme un linge, qui joue la gravité comme si elle avait un
cancer. On a également droit à la pathétique altercation avec l’amant dont la seule suffisance justifie qu’on le tue. Sans oublier l’annonce d’une maladie incurable entre deux sushis… Tout ce
début fleure bon le drame surjoué, pour trentenaires parisiens, où le spectateur peut se sentir un peu mis de côté. Vient alors la fuite vers la Hongrie, à la fois inévitable et inespérée, où
Duris acquiert un peu plus de profondeur. Grâce à la photographie, le personnage se trouve enfin. C’est une sensation étrange, pour Paul, que d’accueillir un succès à la fois grisant et
étouffant. Mais cela ne changera rien pour un homme condamné à une éternelle fuite. Le film se termine par une bonne action de Paul dont on ne sait si elle fait office de rédemption ou de prise
de conscience du sens de la vie. Dommage que la façon marathonienne de traiter ce parcours nuise autant à la signification même de l’histoire.