BURIED de Rodrigo Cortès (2010) Note : 7/10

Buried-affiche.jpgComment évoquer à la fois la manipulation politique,
la bêtise administrative, l’inhumanité des entreprises et les victimes collatérales d’une guerre sans fin, avec un homme enfermé dans une boîte ? C’est le défi relevé avec brio par Rodrigo
Cortès, qui signe un film stupéfiant mais captivant de bout en bout. Pourtant ce n’était pas gagné : Paul Conroy, un simple citoyen américain, se réveille enfermé dans un cercueil. Armé d’un
briquet et d’un téléphone, il va tenter de se libérer avant d’être définitivement privé d’oxygène. Mais ses différents interlocuteurs son loin d’être coopératifs.

Pendant deux heures, nous observons, dans une quasi obscurité, un homme en train de téléphoner. Cela paraît fou mais ça marche car on espère jusqu’au bout qu’il soit sauvé. Pourtant, qu’il
s’agisse des urgences, d’une voisine ou même du FBI, personne ne semble vraiment disposé à le sortir de là. On lui pose des questions absurdes, on lui demande de se calmer, de parler poliment
comme si, malgré la situation, il fallait tout de même respecter les règles. L’administration américaine se révèle d’une bêtise crasse et les autorités ne voient en Paul qu’un problème à étouffer
avant que cela fuite sur Youtube. Au fil des appels, on découvre les motifs de la séquestration. C’est là que le film prend tout son sens car il fait preuve d’un cynisme absolu. Paul, sorte de
bouc émissaire politique, paie les erreurs de son pays. Réduit à l’état de monnaie d’échange, suspendu aux exigences de ses ravisseurs et au bon vouloir du FBI, il comprend bien vite que son sort
importe peu. Daignera t-on le secourir ? Cortès garde le suspense jusqu’à la dernière seconde.  

Dommage que le film se perde parfois dans des rebondissements inutiles comme pour réaffirmer son attachement au film d’angoisse. Malgré cela, Buried est un film à ne pas manquer. Claustrophobes s’abstenir !