INSIDE JOB de Charles Ferguson (2010) Note : 8/10

Inside job

Inside Job raconte la crise. D’abord, celle des subprimes mais aussi une crise plus profonde touchant aux fondements même du système financier mondial. Tout commence en 2008, aux Etats-Unis, par la faillite de Lehman Brothers, première grande banque d’investissements  « victime » de la crise, qui ne tarde pas à entraîner tout le petit monde de la spéculation dans sa chute. Mais très vite, Charles Ferguson, politologue et réalisateur du documentaire, met le doigt sur la véritable origine du mal : des années de déréglementation financière poussant le risque toujours plus loin. Jusque dans les années 70, les Etats-Unis s’étaient dotées de règles strictes pour ne plus jamais connaître le traumatisme du krach de 29. On incitait donc les Américains à épargner. Mais les années Reagan voient l’avènement d’une finance décomplexée grâce à la déréglementation des opérations boursières. Les gouvernements successifs poussent aux crédits et les banques touchent le pactole. Le brassage de millions fait tourner les têtes jusqu’à inciter citoyens lambdas et banques d’affaires à jouer sur de l’argent que personne ne possède. Narré par Matt Damon,  Inside Job explique méthodiquement une mécanique de l’absurde aux conséquences mondiales. Le fonctionnement est complexe mais décrit avec beaucoup de pédagogie. On est stupéfait par tant de désinvolture et de cynisme de la part des acteurs de la crise, interrogés par Ferguson. On découvre, abasourdi, comment des banques vendent des titres douteux et s’enrichissent en pariant sur les pertes, que des agences de notation surclassent les banques les plus déficitaires ou que les gouvernements Clinton et Bush ont tendu la perche aux marchands de sommeil financiers. Le pire dans tout cela est que notre seul espoir, Barack Obama, qui a fait miroiter au monde des réformes pour contrôler le marché, s’est finalement entouré de la même clique responsable de la crise. On pourrait en rire si ce n’était pas triste à pleurer. 

 
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