NOWHERE BOY de Sam Taylor-Wood (2010) Note : 6/10

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John, ado vif et turbulent, mène la vie dure à ceux qui tenteraient de le dompter. Seul son oncle George, qui l’a élevé avec Mimi sa tante maternelle, trouve grâce à ses yeux. La mort prématurée de cet oncle bienveillant amène John à rencontrer sa mère, une femme délurée et fantasque, qui tranche radicalement avec l’éducation stricte de sa sœur. Ces retrouvailles font émerger chez le garçon sa passion pour la musique mais également le lourd secret qui oppose les deux femmes. C’est cette enfance tourmentée qui va, peu à peu, façonner le personnage de John Lennon.

Réalisatrice et photographe, Sam Taylor-Wood, aborde le mythe de John Lennon par un point de vue original. La musique apparaît comme le vecteur d’une affirmation identitaire mais aussi comme un lien familial retrouvé. John, en quête d’une nouvelle figure paternelle autrefois incarnée par son oncle, voit dans la musique le moyen de se réconcilier avec un passé douloureux. Le film s’attarde sur la rivalité entre les deux sœurs, mais pour mieux pousser John à s’émanciper. Le jeune homme troque son uniforme d’écolier contre un look d’Elvis à la fois par mode et par besoin de séduire une mère-midinette. Le film explore un rapport ambigu, presque amoureux, plus proche de l’idole et de la groupie que d’une mère et son fils. Mais ce mirage de bonheur retrouvé ne masque pas les interrogations d’un garçon qui se cherche un passé.

Nowhere boy est, dans l’ensemble, un joli film. Dommage que la réalisatrice abuse d’une mise en scène démonstrative et pompeuse. On sent parfois un peu trop la patte esthétique de la photographe. Il y a cette volonté assez lourde de faire de belles images et donc quelques maladresses : ralentis excessifs, beaux objets bien cadrés et scènes tire-larmes. Sam Taylor-Wood fait aussi l’erreur de transformer le jeune homme rebelle en icône magnétique prématurée. Ado, il est déjà l’objet de toutes les convoitises et adulé comme un Beatles qu’il n’est pas encore. Le joli minois de Aaron Johnson, qu’on a souvent du mal à imaginer en futur John Lennon, sauve tout de même le film par sa sincérité. Christine Scott Thomas est plutôt drôle en tatie pète-sec, faussement froide. A voir éventuellement.

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