ANOTHER YEAR de Mike Leigh (2010) Note : 6/10

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Tom et Gerri (sans rire) forment un couple de quinquagénaires heureux. Tom est passionné par son métier de géomètre et Gerri, psychothérapeute, panse les plaies des âmes en souffrance. Leur quotidien est rythmé par les visites de leur fils,
Joe, et de leurs amis : Mary, une collègue de Gerri, très exhubérante, et Ken, un vieil ami gargantuesque et alcoolique. Tout ce petit monde s’épanche sur sa solitude forcée devant des Tom et Gerri cultivant paisiblement leur jardin au fil des saisons.

Malgré, une interprétation remarquable (notamment pour le personnage de Mary), difficile de se sentir proche des personnages. Débordante de vie, expansive, elle se révèle excessive, narcissique et désespérément en recherche d’un homme. On comprend vite que Mary est le personnage central du film. Mais à mesure que Mike Leigh construit son film autour de Mary, je m’en suis, au contraire, totalement détachée car cette femme est crispante et agaçante. Ses logorrhées indigestes et son hystérie permanente m’ont complètement achevée. Le personnage de Ken est tout aussi insupportable. Opulent, écoeurant, boulimique de tout, il a multiplié les excès. Aujourd’hui, il est seul et en souffre. Eméché la plupart du temps, il subit l’indifférence de Mary. Ken et Mary exposent leurs névroses aux yeux d’un couple au bonheur ostentatoire. Il y a un côté un peu mesquin dans le film de Mike Leigh. On espère forcément finir sa vie comme Tom et Gerri et surtout pas comme les pathétiques Mary et Ken. Mike Leigh suscite chez le spectateur la moquerie, le mépris et finalement la pitié pour ces personnages qui n’ont pas réussi sur le plan sentimental. Malgré leur côté débonnaire, Tom et Gerri sont finalement assez condescendants. La souffrance des autres les rassure, les confortent dans leur bonheur. Le spectacle de Mary courant après le fils du couple a tout du ridicule. Tom et Gerri se mettent à distance mais en même temps échangent des regards moqueurs. Il y a aussi un vrai problème de rythme. Le film souffre de beaucoup trop de longueurs. La dernière partie, « Hiver », est péniblement mécanique. Ce chapitre marque une rupture par rapport à « l’enthousiasme » ambiant et Mary se montre plus pitoyable que jamais. Au final, on se sent assez détaché de ces seniors en crise et de ce film un peu trop déprimant.

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