SOMEWHERE de Sofia Coppola (2011) Note : 5/10

SOMEWHERE.jpgL’ennui est ce qui caractérise le mieux la vie de Johnny Marco,
une star hollywoodienne réfugiée à l’hôtel Château Marmont. Entre strip-tease à domicile, beuveries et coucheries sans fin, Johnny contemple le vide de son existence. Mais un jour, Cleo, sa fille
de 11 ans, débarque. Obligé d’en assumer la garde pendant quelques temps, Johnny se prend au jeu d’une paternité faite d’amusements et de moments de détente…

 

L’ennui et la lenteur…

Au début, on se laisse séduire par cette exploration de l’ennui. Johnny tente de combler le vide par tous les moyens et se laisse porter par les évènements. Les aventures sans lendemain
s’enchaînent et les engagements pros sont tenus avec une étonnante passivité. Comme le montre la première scène du film, Johnny tourne en rond dans sa cage dorée. L’arrivée de Cleo change la
donne. Du haut de ses 11 ans, la gamine égaye la vie de son papa. Passionnée par mille et une choses, elle réussit à sortir l’acteur de sa léthargie. Pourtant, le film ne change absolument pas de
rythme. Tout est extrêmement lent. Sofia Coppola insupporte par une réalisation totalement amorphe et se regarde filmer. Entre plans fixes interminables et musique cool, elle ne réussit pas à
retranscrire le nouveau souffle qu’apporte Cleo à la vie de son père.

Une star hollywoodienne bidon

Tout au long du film, on ne cesse de dire que Johnny Marco est une grande star internationale et pourtant, rien n’illustre cela. D’abord, il y a une séance photo et une conférence de presse assez
molles alors que l’acteur est soi-disant en pleine promo. On remarque aussi que la « star hollywoodienne » est invitée à une cérémonie italienne de pacotille. On peut noter également
que l’acteur n’est jamais poursuivi par les paparazzi alors qu’il y aurait de quoi ! Sans oublier que le personnage est joué par un Stephen Dorff pas charismatique du tout. Par conséquent,
on a du mal à voir ce Johnny en grande star blasée par son métier.

Un film sans enjeu réel

On peut aussi reprocher au film d’évoquer une paternité uniquement ludique. Le personnage n’est jamais dans la contrainte. Il a une vie de débauche, sa fille arrive et c’est génial ! Cet
homme infantilisé vit une paternité joyeuse, amusante et sans obstacles. A peine esquisse t-on une pointe de mécontentement quand Cleo découvre l’une des maîtresses de l’acteur. Même s’il
apprécie le temps passé avec sa fille, Johnny n’est jamais confronté à sa responsabilité de père. La remise en question ne viendra que plus tard, quand l’absence de Cleo se fera sentir. Et là
encore, c’est un discours égocentrique qui en découlera : « Je ne suis rien » plutôt que « Je suis un père et il faut que je l’assume ». Sofia Coppola conclut son film
par le mouvement circulaire du début que Johnny finit par rompre. La réalisatrice a décidément choisi la facilité de bout en bout.