SOUND OF NOISE d’Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson (2010) Note 7/10

SOUND OF NOISE

 

Amadeus, le bien nommé, est un flic qui ne supporte pas la musique. Dommage pour lui car une bande d’activistes musicaux a décidé de faire la révolution. Pour répondre à une pollution sonore
grandissante, Sanna et son groupe de percussionnistes prennent la ville en otage et s’en servent comme véritable instrument de musique. Amadeus, le musicophobe, se voit obligé de traquer ces
terroristes de la note.

 

Surprenant et captivant, ce film suédois suit la rythmique d’un métronome. Chaque partie du film est amenée par la troublante partition de Magnus, un compositeur en révolte. Les différents
concerts marquent un pas de plus vers un soulèvement culturel. Issus des voies traditionnelles de l’enseignement musical, les membres du groupe se sont affranchis du conformisme artistique. Si
chacun a d’abord choisi sa manière de résister, c’est ensemble qu’ils réussissent à bousculer les règles. Ainsi, corps humains, billets de banques et bulldozers deviennent les instruments d’une
musique contestataire. Le film éveille notre propension à l’insoumission et interroge notre capacité à rejeter l’uniformisation quelle qu’elle soit. 

Etrangement, quand cette musique hors norme imprègne les lieux et les individus, ceux-ci deviennent inaudibles pour Amadeus comme s’ils répondaient à sa psychose sonore. Le film pose la question
de la normalité. Comment un homme élevé dans une famille de mélomanes peut-il à ce point haïr la musique ? Chaque fois qu’il prononce son nom, Amadeus se voit assimilé à son frère, chef
d’orchestre, et donc génétiquement prédisposé à aimer les notes. Mais pourquoi devrait-il n’exister qu’en tant que réplique de son frère ? On croit au début à une rivalité entre les deux
hommes mais le mal relève plutôt de la pathologie et de l’inconscient. Peut-être y a-t-il un blocage vis-à-vis d’un héritage trop lourd à porter. Alors qu’au début ils semblent antinomiques,
Amadeus et les révoltés du son ont finalement le même but : refuser une pensée consensuelle.