TRON : L’HÉRITAGE de Joseph Kosinski (2011) Note : 7/10

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S’il y avait bien un film dont je n’attendais absolument rien, c’était Tron Legacy. J’avoue que je n’ai jamais vraiment aimé le premier réalisé par Steven Lisberger : une oeuvre culte qui a mal vieilli et que j’ai pourtant toujours trouvée barbante. Donc pourquoi aller voir celui-là ? Parce que malgré tout j’aime bien Jeff Bridges. Il m’a tellement impressionnée dans Crazy Heart que maintenant je pourrais le voir dans n’importe quoi (d’ailleurs, je l’attends avec impatience dans True grit). Et puis, cela faisait un bon bout de temps que je n’avais pas vu de film en 3D (depuis Dragons, un des rares films d’animation au relief superbe). Me voici donc à la projection de Tronfilm obscur et luminescent, aussi ludique que labyrinthique.

Fils d’un des papes du jeu vidéo, Sam, 27 ans (Garrett Hedlund), n’a pas vu son père depuis une vingtaine d’années. Kevin Flynn a, en effet, disparu laissant derrière lui un héritage considérable. Un jour, un vieux collègue de Kevin reçoit un message sur son biper. Sceptique, Sam décide tout de même de visiter le vieux bureau de son père. Et c’est là que la partie commence. Nous voilà transportés dans un univers visuellement fascinant : des courbes bleues phosphorescentes dessinent dans les arcanes d’un jeu un monde d’adrénaline. Dans cette micro-société informatique, Sam croise des programmes : des hommes et des femmes qui se dématérialisent au moindre coup de disque dur. Chez ces personnages faits de code et d’électronique, censés constituer le monde idéal de Flynn, on décèle des imperfections et une troublante humanité. Il est plaisant de voir comment, dans chaque scène, les sentiments enrayent la machine et invalide le monde ascétique de Tron. Véritable métaphore de nos sociétés aseptisée, le jeu créé par Flynn en est la dérive. Le personnage de Jeff Bridges, étonnant en inventeur zen, n’est pas seulement un informaticien bloqué dans son jeu, il est devenu un Frankenstein dont le fantasme d’un monde parfait s’est mué en un vivier de créatures numériques maléfiques. La singularité de Tron vient d’une certaine apesanteur, une plénitude en total décalage avec l’univers du jeu vidéo. Le film prend son temps, s’autorise des pauses et même quelques excentricités. Ainsi, vous découvrirez un drôle de MC, aux faux airs de David Bowie, époque Ziggy Stardust, dont l’extravagance résume à elle seule la part d’étrangeté inhérente au film. Quant à la superbe musique des Daft Punk, elle ne fait que renforcer cette atmosphère obscure et hypnotique.

Le seul point négatif est sans aucun doute cette maudite 3D qui, décidément, ne sert à rien. En début de film, un panneau prévenait que seules quelques scènes étaient tournées en 3D. Honnêtement,à part sur le logo Disney et les sous-titres, le relief n’est pas du tout perceptible. Donc 3D inutile, comme d’habitude.

Titre VO : Tron Legacy/ Réalisateur : Joseph Kosinski/ Pays : USA/ Distribué par wild Disney Studio/ Durée : 2h06/ Sortie le 9 février 2011 
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