INCENDIES de Denis Villeneuve (2011) Note : 6/10

INCENDIES.jpgComment un aussi bon sujet peut-il bénéficier d’un traitement
aussi médiocre ? Non pas qu’Incendies soit un fiasco, mais tout de même, le film n’est pas loin du bide. Et pourtant, le réalisateur québécois,
Denis Villeneuve, avait un sujet en or : Jeanne et Simon Marwan, des jumeaux de 35 ans, apprennent par le testament de leur mère, Nawal, qu’ils ont un frère et que leur père est toujours
vivant. Voilà Jeanne en route pour le Moyen-Orient, sur les traces de son passé familial. En parallèle, le film explore la vie de sa mère, une femme meurtrie par les douleurs de sa vie.
 

Adapté de la pièce éponyme de Wajda Moawad, Incendies évoque le besoin que chacun a de retrouver ses racines. Empli de bonnes intentions, le film
propose un chemin tortueux jusqu’à la vérité d’une histoire familiale. Mais le problème est cette réalisation pompeuse destinée à briller dans les festivals : photographie ultra lumineuse,
farandole de ralentis, gros plans intempestifs, obsession du zooming et bien sûr l’indispensable musique hype. Bon sang, pourquoi y a-t-il autant d’effets ? Le sujet se suffisait pourtant à
lui-même. Visiblement pas assez au goût de Denis Villeneuve qui fait des allers-retours systématiques et donc insupportables entre passé et présent, sans jamais en venir au fait. Incendies souffre d’un problème de rythme évident. Une fois l’intrigue posée, le film met énormément de temps à démarrer. On balaie les différentes étapes de
la vie de Nawal mais les pièces du puzzle s’assemblent difficilement car le récit un bien trop confus. C’est seulement lorsque Simon prend part aux recherches de Jeanne (au bout d’une bonne
heure) que le film démarre vraiment. S’en suit une succession de révélations plus sordides les unes que les autres. Une lutte entre chrétiens et musulmans, une maternité contrariée, une
réconciliation posthume entre une mère et son fils sont autant de thèmes passionnants mais abordés de façon brouillonne. Et le jeu particulièrement faux des acteurs, Lubna Azabal y compris,
n’aide en rien cette entreprise laborieuse qui laisse le spectateur de côté. Pourtant, nul doute que le film saura toucher un public en quête de sensations lacrymales.