LE DISCOURS D’UN ROI de Tom Hooper (2011) Note : 7/10

LE-DISCOURS.jpgD’abord vu
comme un outsider, le Discours d’un Roi est vite devenu la machine à Oscars que les critiques se plaisent à détester (voir Les Cahiers du cinéma, Les Inrocks, Télérama, une partie du
Masque et la plume). Au menu des reproches : des problèmes de vraisemblance – le bégaiement de George VI aurait été réglé bien avant le Seconde
Guerre mondiale –, une réalisation trop classique et le jeu de Colin Firth cantonné au minimum syndical. Eh bien mes amis que d’animosité envers ce petit film sur une belle amitié entre un roi et
son précepteur atypique. Car c’est de cela qu’il s’agit, et non de la gestion d’un handicap qui se règlera assez rapidement finalement. Ce n’est pas tant la performance de Colin Firth plutôt
conventionnelle il est vrai, qui marque, mais plus le jeu de joute verbale hilarant entre son personnage royal et Logue (Geoffrey Rush excellent), un professeur taquin qui taperait bien dans le
dos de sa majesté comme un bon copain. Et c’est là que le film prend tout son sens. En effet, quoi de mieux qu’un ping-pong de bons mots pour exorciser un bégaiement aux origines
psychologiques ? Bertie (Albert étant le vrai prénom de George VI) confie ses nombreuses frustrations à un fou du roi, extraverti et cabotin. Mettant tout le monde au même niveau, Logue
désacralise la fonction de son patient et dédramatise la pression qui va avec. Pour mieux faire ressentir le poids des obligations, la camera encercle Bertie comme autant de regards exigeants sur
ses devoirs. Constamment oppressé par des cadrages en fish eye, Bertie doit expulser ses complexes et sa colère pour avancer. Une fois l’origine du bégaiement identifiée, le roi déclamera sans
surprise son discours sous l’œil avisé de son chef d’orchestre. La partition est millimétrée à la perfection et les seconds rôles animent ce concert de leur bonhomie. Loin du biopic et de la
fresque historique, Le discours d’un roi est avant tout un bon divertissement.