JEWISH CONNECTION de Kevin Asch (2011) Note : 7/10

JEWISH CONNECTION

Sam Gold, 20 ans, se prépare à devenir rabbin. Issu d’une famille très pratiquante, il fait l’objet d’un mariage arrangé. Mais sa situation financière précaire amène les parents de sa fiancée à annuler le mariage. Sam cherche alors à s’émanciper d’une tutelle parentale trop forte. C’est là qu’un petit boulot lié à l’importation de médicaments s’offre à lui…

Jewish connection raconte l’histoire vraie d’une poignée de jeunes juifs orthodoxes employés comme mules dans un trafic d’ecstasy. Dans les années 90, un million de petites pilules a transité entre Amsterdam et New York, dans les valises de ces traditionalistes au dessus de tout soupçon. Le film explore la vie de Sam, l’un des artisans de ce système. Tout comme dans The Social Network, Jesse Eisenberg joue à la perfection un personnage double, pétri de contradictions. Dans le film de David Fincher, son personnage réussissait à fédérer des millions d’individus autour d’un même projet alors qu’il était particulièrement asocial. Ici, malgré son fort engagement religieux, Sam rêve d’un ailleurs, loin de la pression communautaire. Il saisit l’opportunité du trafic, qu’il exècre au départ, pour mieux en épouser les principes. Il trouve dans cet univers illégal la liberté qui lui a toujours échappé dans une vie trop bien réglée par une culture conservatrice. Entre l’amour sur commande des parents, le rabbinat imposé et l’emploi figé dans le magasin de son père, Sam n’a aucune perspective d’affirmation personnelle. Il évolue (ou pas) dans un cadre prédéfini et se retrouve profondément frustré. Etrangement, le trafic de stupéfiants permet au personnage d’opérer un glissement vers une vie de jeune homme « normal » tiraillé entre Bien et Mal. Cette expérience le rend adulte et l’oblige à faire des choix bons ou mauvais. Le film montre subtilement cette lutte interne permanente du personnage. Le garçon se fait violence pour ne pas céder à la tentation et en même temps verse facilement dans l’immoralité. Ces allers-retours permanents prouvent la complexité de l’apport religieux dans sa propre vie. Malgré des seconds rôles peu étoffés, Kevin Asch réalise un très bon film où Jesse Eisenberg montre toute la mesure de son talent.

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