JIMMY RIVIERE de Teddy Lussi-Modeste (2011) Note : 6/10

JIMMY-RIVIERE.jpgEntre la boxe thaï et le
christianisme, Jimmy le gitan, a choisi : ce sera Dieu, comme le veut sa communauté. En tant que futur pasteur, il s’engage à abandonner tout ce qui le pousse au vice comme son sport de
combat, passion de toute une vie, et Sonia, sa petite amie. Mais saura t-il résister ?

 

Film imparfait mais touchant, Jimmy Rivière ne peut laisser indifférent. D’abord, parce que Teddy Lussi-Modeste sait montrer la beauté de son
univers, celui des gens du voyage. Il y a les regards translucides sur lesquels s’attarde la caméra, les corps à la peau dorée qui communient avec la nature et l’atmosphère torride poussée par la
chaleur grenobloise. Mais surtout, le film porte une vision intéressante sur les doutes d’un jeune homme entre deux mondes. Oppressé par sa communauté, il l’est tout autant par sa manager
(Béatrice Dalle) et sa petite amie hystérique (Hafsia Herzi), toutes deux étrangères à son milieu. Jimmy (Guillaume Gouix dans une interprétation lumineuse) fait donc des allers-retours réguliers
d’un camp à l’autre sans jamais vraiment se décider. Dans son costume d’un blanc immaculé, le jeune boxeur semble se racheter une virginité. Avec ses grands yeux bleus, il regarde le ciel et ses
nouveaux compagnons de piété avec une béatitude naïve. Mais à peine l’engagement pris qu’il sera déjà trahi. Pas étonnant, car on lui demande de faire un choix inutile. Pourquoi devrait-il
choisir entre la religion et la boxe ? Entre sa famille et sa petite copine ? C’est peut-être dans ces questionnements que se révèle la faiblesse du film qui veut absolument obliger son
personnage à des choix manichéens. A force d’indécisions, le film tourne en rond et favorise un rythme inégal. Par ailleurs, les seconds rôles, pas toujours justes, desservent un peu le film.
Mais malgré cela, Teddy Lussi-Modeste est un réalisateur à suivre.