STANLEY KUBRICK, L’EXPOSITION à la Cinémathèque Française, Paris (2011)

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Tout a déjà été dit sur Stanley Kubrick ! Alors cette exposition peut-elle apporter quelque chose de plus ? Sans aucun doute car l’évènement, loin de la simple rétrospective, permet à la Cinémathèque d’offrir un panorama très complet de la planète Kubrickienne. L’expo pourra donc intéresser aussi bien les inconditionnels de Kubrick que les non-spécialistes. Même si le choix d’un parcours chronologique peut sembler classique, il n’est pourtant pas dénué d’intérêt, notamment grâce à la richesse de ses documents. Photographies de tournages, scénarios originaux réécrits et annotés, accessoires, costumes, collection d’objectifs, matériel de pointe, correspondances et autres trésors laissent entrevoir le quotidien d’un artiste passionné et exigeant, loin du démiurge tyrannique et mégalomane dont on a souvent brossé le portrait. Accompagnée par le précieux documentaire de Jan Harlan, A life in pictures (disponible depuis 2007 dans le coffret Kubrick, chez Warner), l’exposition s’attache avant tout à la préparation minutieuse de ses films et à la création de l’univers Kubrickien. Tous les effets personnels exposés témoignent du travail titanesque d’un réalisateur résolument libre et engagé. De nombreuses photos montrent également la complicité que Kubrick entretenait avec ses acteurs. La sélection d’images transmet une atmosphère de tournage détendue qu’on ne soupçonnait pas, nous offrant ainsi une proximité inédite. Dans les séries très marquantes de l’exposition, il y a les superbes photos de Weegee sur le plateau du Dr Folamour ou encore les lumineux tirages de Joe Pearce, sur le tournage de Lolita, révélant une Sue Lyon rayonnante. Vous découvrirez les accessoires mythiques des films : la machine à écrire de Shining, le costume d’Alex dans Orange mécanique, l’oeil de Hal dans 2001… A voir également, les lettres de spectateurs mécontents à la découverte d’Orange mécanique, que Kubrick a gardé précieusement. Bien sûr, cette rétrospective n’apportera pas de grandes révélations à ceux qui connaissent bien la filmographie du personnage. Pourtant, ils pourront apprécier les documents rares autour de Fear and Desire, premier long métrage dont Kubrick, insatisfait, a détruit toute copie (on peut tout de même le trouver en mauvais état sur Youtube). Mais surtout, il ne faudra pas manquer, dans la dernière partie de l’exposition, les photos réalisées par le cinéaste, alors agé de 16 ans, pour le magazine Look, ainsi que les documents préparatoires à deux projets avortés : Napoléon (techniquement impossible à tourner en 1969) et Aryan papers (sujet sur l’holocauste abandonné en 1993 pour ne pas faire de l’ombre à La liste de Schindler de son ami Spielberg). Vous l’aurez compris, cette exposition-hommage est à ne pas manquer !

 

STANLEY KUBRICK, L’EXPOSITION

Du 23 mars au 31 juillet 2011

http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/

En marge de l’exposition, la Cinémathèque propose l’intégrale des films de Stanley Kubrick (tout sauf Fear and Desire bien sûr) et des conférences jusqu’au 18 avril 2011.

http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/stanley-kubrick,317.html

Puis, dès le 1er juin ressortiront en salles, en copies 35mm et pour la première fois en copies numériques, 2001: l’odyssée de l’espace, Barry Lyndon, Eyes wide
shut
, Full metal JacketLolita, Orange mécanique et la version longue US inédite au cinéma de Shining.
A noter également, chez Warner, le coffret Stanley Kubrick L’intégrale (sans Fear and Desire) comprenant 19 DVD et le livre Les archives de Stanley Kubrick (Ed.Taschen)

coffret Kubrick Warner

 
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