PINA (3D) de Wim Wenders (2011) Note : 7/10

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Comment rendre un hommage original à une chorégraphe au style atypique et radical ? Wim Wenders répond à cette problématique en réunissant la troupe de son amie, Pina Bausch, sous l’œil d’une caméra 3D. Disparue en 2009, elle aura laissé un héritage inestimable à la danse contemporaine. A mi-chemin entre le théâtre et la danse, le style de Pina Bausch joue de manière insolite avec les corps, les expressions ou encore les éléments naturels, pour signifier l’émotion des rapports humains. C’est cette richesse artistique que tente de nous faire partager Wim Wenders. Très cosmopolite, la compagnie de danse de Pina Bausch réussit à nous entraîner dans son univers. Les danseurs rejouent des extraits de quatre grands spectacles de la chorégraphe et évoquent leur lien particulier avec leur mentor. Les propos sont plutôt intéressants, même si l’ensemble est assez inégal. Il faut dire que l’organisation du film de Wenders est un peu chaotique. Alors que le premier spectacle (avec la robe rouge) nous plonge pendant presque vingt minutes dans un univers angoissant mais passionnant, le second volet, nommé Café Müller est abordé avec âpreté pendant une trop longue demi-heure. Puis soudainement, s’enchaînent en cascade les témoignages des danseurs suivis de performances bien trop courtes pour êtres appréciées… Et puis, il y a cette 3D, remarquable au début mais quasi invisible à la fin. Dommage car les scènes de danses ayant l’eau pour thème auraient pu être magnifiées par cette technique. Il faut admettre que Wim Wenders s’est lancé dans un exercice difficile. Son film se vit comme une expérience, certes pas toujours concluante, mais assez pertinente pour se laisser découvrir. 

 
 
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