RABBIT HOLE de John Cameron Mitchell (2011) Note : 8/10

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Depuis la mort de leur fils de 4 ans il y a huit mois, Howie et Becca souffrent en silence. Chacun a une manière bien à lui de surmonter son deuil. Pendant qu’Howie tente de s’apaiser par le
travail et les thérapies de groupe, Becca renvoie sa colère à sa famille et rejette ses amies. Mais une rencontre avec un adolescent va bouleverser les certitudes de la jeune femme.

 

Honnêtement, cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu Nicole Kidman dans un très beau rôle. Il faut bien remonter à The Hours ou
Dogville. Son personnage est une vraie surprise, tout en nuance et en retenue même quand elle nous transmet sa colère et sa détresse. Contrairement à
son mari, Becca ne trouve d’apaisement dans aucune mascarade, qu’elle soit sociale, religieuse ou thérapeutique. Cette mère blessée en veut à la Terre entière et finalement à personne. C’est
cette dualité qu’exploite intelligemment John Cameron Mitchell pour montrer l’impasse du couple et l’impossibilité d’accepter le bonheur des autres. Comment continuer à vivre quand on ne sait pas
à quoi se raccrocher ? Peut-on vivre sans trouver un moyen de soulager sa peine ? Ce sont les questions que pose subtilement le film, ouvrant tout un champ de possibilités. Étrange
titre, d’ailleurs, que ce Rabbit Hole suggérant à la fois le refuge dans lequel se terrer, l’entrée vers un autre monde et la disparition. Porté par
un très bon casting, en particulier ses seconds rôles (Sandra Oh, Miles Teller et Dianne Wiest), ce film touchant est difficile à oublier.