SOURCE CODE de Duncan Jones (2011) Note : 7/10

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Après le très beau Moon, sorti en catimini l’année dernière, Duncan Jones revient à un film plus commercial avec têtes d’affiche et happy end hollywoodien. Non pas que Source code soit de la SF de supermarché mais tout de même, on est bien loin de la fable cynique portée à bout de bras par Sam Rockwell. Ici, c’est Jake Gyllenhaal qui endosse la veste du héros fantastique à qui la mémoire fait défaut. Son personnage, Colter Stevens, se réveille dans un train qui l’emmène à Chicago. En face de lui, une jeune femme (Michelle Monaghan), visiblement très proche, s’adresse à lui en l’appelant Sean. S’en suit une explosion, un trou noir et Colter harnaché à une capsule métallique… Au début, on se prend au jeu des énigmes posées par une militaire au regard glacial. Puis, on comprend assez vite ce qu’il est en train d’arriver à ce pauvre Colter condamné à répéter la même scène inlassablement. Ce sera plus dans le discours sous-jacent du film qu’il faudra chercher la subtilité. En effet, Colter, dont le corps est exploité comme une simple source d’informations, semble l’incarnation même d’une déshumanisation de la société, thème déjà bien exploité dans le clonage de Moon. Revient également comme un écho au premier film, la négation émotionnelle, illustrée ici par le corps militaire et la logique scientifique. Allégé en effets spéciaux, le cinéma de Duncan Jones préfère une réflexion vintage sur le devenir de l’homme. Ainsi, ce ne sont pas les machines qui prennent le pouvoir sur les hommes, comme l’exige le cinéma d’anticipation, mais l’homme qui devient peu à peu sa propre machine, en reproduisant les mêmes gestes à l’infini. Enfin, la mort, détail accessoire qui ne doit pas faire dévier l’homme de son patriotisme, est l’aboutissement de ce processus de désincarnation du corps. Se raccrochant toujours plus à la vie et à une possibilité de changement, le personnage défie les théories fatalistes du monde. Et c’est en cela que Source code, malgré ses rebondissements attendus, peut susciter l’intérêt. Loin d’être original, le film vaut pour sa vision résolument optimiste.

Sortie le 20 avril

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