LA CONQUETE de Xavier Durringer (2011)

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Annoncée comme une chronique insolente du pouvoir, La Conquête a tout du pétard mouillé. Et pour cause : tout a tellement été raconté, étalé, mâché et remâché concernant
la vie publique et privée de Nicolas Sarkozy que le film fait plutôt office de best of de ce qu’on a déjà lu ici et là. Bien décidé à raconter les coulisses de l’ascension du « nain »
(comme l’appelle un De Villepin en carton), Xavier Durringer s’amuse avec ses acteurs qu’il grime en monstres politiques de pacotille. Pas de grandes révélations, donc, mais une propension à
rendre compte d’un cirque politique des plus ridicules. Dommage que l’exercice soit lui-même pathétique. Il faut dire que l’obsession de la ressemblance physique pollue le film à outrance. Chacun
reproduit mécaniquement les mimiques des politiques vues à la télé, sans jamais donner la moindre substance à son rôle. Les acteurs ont l’air de pantins à la solde d’une partition trop bien
réglée et chaque bon mot est suivi d’une pause pour nous laisser le temps de rire. Seuls quelques personnages valent tout de même le détour : Bernard Lecoq en Chirac, plus vrai que nature,
et Florence Pernel, alias Cécilia, dont le naturel ne souffre d’aucune concurrence. Le reste du casting est assez navrant, à l’image de Denis Podalydès qui singe les cabrioles de Sarkozy beaucoup
moins bien que Les Guignols. Et puis, il y a cette étrange impression de schizophrénie générale quand les personnages imitent d’autres personnalités : ainsi voit-on De Villepin jouer PPDA
devant Chirac ou Pierre Charon (interprété ironiquement par Dominique Besnehard) mimer Ségolène Royal. Malgré tout, Xavier Durringer réussit par ses faux pas à retranscrire la mascarade du
pouvoir. Mais tout comme W d’Oliver Stone, pamphlet raté sur la carrière de George W.
Bush, La conquête reste assez inoffensive.

 

La Conquête / Pays : France / Durée : 1h45 / Distribué par Gaumont Distribution /Sortie le 18 Mai 2011