LE CHAT DU RABBIN (2D) de Joann Sfar et Antoine Delesvaux (2011) Note : 6,5/10

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Après s’être offert un perroquet en guise de festin, le chat du rabbin peut désormais converser avec les humains. Il se lance alors dans des débats philosophiques et religieux avec son maître.
Mais le rabbin Sfar, craignant que son chat ait une mauvaise influence sur sa fille Zlabya, décide de l’éloigner pour lui apprendre les préceptes du judaïsme. Bien décidé à faire sa Bar-Mitzvah
et à retrouver les faveurs de sa maîtresse, le chat du rabbin accompagne son maître sur la route de l’Afrique, afin d’aider un peintre russe à trouver une Jérusalem peuplée de juifs noirs…

 

UNE SYMPATHIQUE FABLE FÉLINE MAIS UN PEU INÉGALE

 

Après son très beau biopic sur Gainsbourg (Gainsbourg – vie héroïque), Joann Sfar adapte les cinq tomes de sa
bande-dessinée, Le chat du rabbin. Dans un univers fantasque aux faux airs de mille et une nuits, un chat gris longiligne et bondissant nous observe
fixement avec ses grands yeux verts interrogatifs. De ses taquineries idéologiques, on retiendra des réflexions pertinentes sur la religion et une distance vis-à-vis des croyances. Joann Sfar
porte un regard tendre et amusé sur les juifs d’Algérie sans pour autant négliger le contexte colonial des années 20. Derrière la fantaisie du dessin animé, se profile une critique acerbe de
l’intolérance sous toutes ses formes. Tout le monde en prend pour son grade : juifs, musulmans, occidentaux et même le célèbre Tintin. En effet, le film s’autorise une réponse cinglante aux
préjugés racistes véhiculés par l’album Tintin au Congo. On y découvre l’explorateur et son chien Milou, en personnages pédants et ridicules, imitant
pathétiquement les autochtones africains.

Le film pourrait être un vrai petit bijou de philosophie ludique mais l’ensemble est parfois confus. L’enchaînement des évènements n’est pas toujours très cohérent et le rythme de la fable est
assez inégal. Au début, les rebondissements se succèdent (le perroquet, les leçons de judaïsme, le Malka des Lions, le russe…) comme autant d’épisodes indépendants les uns des autres. Puis, il y
a cette longue traversée du désert (au sens propre comme au figuré) où il ne se passe presque rien. Et surtout, le film se termine en queue de poisson avec une quête spirituelle avortée. Sans
oublier que le chat perd et récupère sa voix au gré de ses aventures sans beaucoup de logique. Enfin, si la voix de François Morel se marie bien à l’espièglerie du matou, on est assez navré
d’entendre la gouaille vulgaire d’Hafzia Herzi ôter tout charme à la belle Zlabya. Dommage, car l’univers du chat est particulièrement plaisant. Assez pour avoir envie de découvrir la BD.

 

 

 

 

Le chat du rabbin / Pays : France / Durée : 1h40 / Distribué par UGC Distribution /Sortie le 1er Juin
2011