LIMITLESS de Neil Burger (2011) Note : 5/10

 

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Savez-vous que nous n’utilisons que 20% des capacités de notre cerveau ? C’est sur ce constat plus ou moins scientifique que repose l’intrigue de Limitless, sorte de Fast & Furious de la SF. Eddie Morra, un écrivain foireux qui n’a jamais pondu une ligne,
découvre le NZT, une pilule miracle qui décuple les facultés cognitives. Désormais intelligent, riche et célèbre, Eddie va toujours plus vite, plus fort, plus loin. Mais son stock de drogue
s’épuise et les accros au bonbon miracle cherchent à lui dérober son précieux trésor.

 

UN DIVERTISSEMENT REGARDABLE MAIS PAS INDISPENSABLE…

 

Couleurs trop saturées, surdose d’effets 3D, filtres jaunes à en avoir la jaunisse … Visiblement la post-production a eu la main lourde sur la palette graphique. Pourtant le début était plutôt
attractif avec ce looser propulsé petit génie de la finance, du jour au lendemain, et la sensation d’une manipulation collective. Mais au lieu de creuser cet aspect, le film reste en surface et
préfère se concentrer sur les bonus d’une vie améliorée. Vous attend donc un festival de belles pépés, petites culottes et beuveries sans fin, quand ce n’est pas la panoplie du nouveau
riche : belle voiture, appart de grand standing et week-end en jet privé. La pilule magique est utilisée à des fins matérialistes ? Très bien ! On pourra parler de l’obsession
consumériste et des nouveaux critères de réussite sociale. Mais pas du tout ! Car Limitless n’offre aucune mise en abyme. Tout ce que l’on voit
est tout ce qu’il y a à voir. Le problème vient surtout d’un changement de registre au cours du film. Alors qu’au début, Limitless se rêve en œuvre
d’anticipation, l’essai se transforme soudainement en thriller narcotique casse-gueule.

Neil Burger, réalisateur du déjà médiocre L’Illusionniste, use le spectateur à force de servir, durant tout le film, une même recette, fortement
inspirée de Fight Club. En effet, on ne peut nier que Burger a allègrement pillé les effets visuels de Fincher pour décrire l’abondance matérielle.
Mais il s’est aussi payé une dose de Requiem for a Dream d’Aronofsky et de Trainspotting de Danny
Boyle, pour montrer le délire hypnotique. Sur le fond du film, on constate assez vite que rien n’est développé. Par exemple, dès que le héros est face à une contrainte, le problème est facilement
solutionné. Que Eddie soit sans pilule ou soupçonné de meurtre, le scénario lui offre une facilité de sortie. On se demande alors quel est l’intéret de cette histoire. Concernant le casting, Neil
Burger aurait pu trouver mieux : Bradley Cooper (tout droit sorti de Very bad Trip) a beau être mignon et sympathique, il n’a pas la consistance d’un
héros en manque. Pire que tout, il y a ce second rôle mal exploité qui sert juste à vendre le film : Robert De Niro. Fatigué, apathique et mal coiffé, Bob n’est pas au mieux de sa forme,
surtout qu’on lui demande de faire des grimaces de mafieux pour jouer un ersatz de Gordon Gecko. Vraiment dommage d’avoir sacrifié le potentiel du scénario au profit d’un grand spectacle tape à
l’œil. Neil Burger a visiblement laissé ses 20% de cervelle au placard…

 

A défaut de voir le film, allez jeter un oeil sur le mini-site plutôt rigolo : http://www.theclearpill.com/

 

 

Titre VO : Limitless / Pays : USA / Durée : 1h45 / Distribué par Gaumont Distribution /Sortie le 8 Juin 2011