SUPER 8 de J.J. Abrams (2011) Note 7/10

Super 8 Affiche

Souvenez-vous des Goonies, ET, Explorers… De cette bande de gamins espiègles en quête d’aventures extraordinaires. C’était dans les années 80. Hauts comme trois pommes, nous rêvions tous de faire partie de leur club. Parmi eux, il y avait toujours un gosse futé, jamais à court d’un gadget de survie, un froussard capable de surmonter sa peur pour sauver ses copains, la fille du groupe, dont les garçons étaient tous amoureux et surtout le leader, à la personnalité complexe. A la fois courageux et mal assuré, c’était lui qui osait aller au devant du danger au nom d’un idéal. On pensait avoir enfoui définitivement ses vieux souvenirs. Mais J.J. Abrams et Steven Spielberg ont eu la bonne idée de titiller notre fibre nostalgique…

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Lillian, petite ville de l’Ohio, à la fin des années 70. Joe vient de perdre sa mère dans un accident. Il vit désormais seul avec son père, mais la communication est difficile. Pour se changer les idées, Joe participe avec ses copains au film de Charles, un réalisateur en herbe, qui tourne en super 8. Une nuit, les adolescents assistent au déraillement d’un train. Dès lors, leur vie va être bouleversée…

UN FILM D’ABRAMS OU DE SPIELBERG ?

Créateur des séries Alias, Felicity, Lost, et Fringe, mais aussi réalisateur de Mission : impossible 3 (2006) et Star Trek (2009), J.J. Abrams n’est pas réellement un inconnu. Pour son troisième long-métrage, il revient à un style moins coup de point, même si le film n’échappe pas aux scènes spectaculaires d’explosions. Construit autour de ses jeunes interprètes, Super 8 se concentre en premier lieu sur l’aspect relationnel : le lien presque rompu entre Joe et son papa, les rapports méprisants entre Alice (Elle Fanning plus vive que dans Somewhere) et son père alcoolique ou encore le mélange de complexes et d’auto-satisfaction de Charles. C’est là que l’on sent la patte de Spielberg-ancienne époque. Amitié, honnêteté, tolérance sont les valeurs véhiculées, parfois assez naïvement, par le film qui emprunte à ET et Rencontre du troisième type. Nostalgique, on se laisse bercer par ce spectacle attendrissant. On revoit avec plaisir ces moments joyeux du film d’aventures pour enfants, partagé entre l’intimité d’une chambre d’ado, les conversations au talkie-walkie et les réunions au sommet dans un lieu familier. Mais on peut aussi être agacé, notamment à cause de la mièvrerie propre à Spielberg, Car Super 8, c’est aussi la grosse tartine féerique dans toute sa splendeur : plans resserrés sur les gamins regardant au loin là-bas, embrassades lacrymales et musique grandiose. Impossible de dire si nous sommes dans le premier degré étouffant ou le dernier adieu à un genre qui s’éteint.

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L’HOMMAGE AU CINEMA ET AUX FILMS DE SCIENCE-FICTION 

 Quand on découvre le personnage de Charles Kaznyk, le petit prodige de la caméra, on pense inévitablement à Orson Welles (notamment dans Citizen Kane), déjà physiquement, mais aussi à cause de son ambition démesurée. Et puis, il y a chez lui, l’aspect dictatorial du producteur qui rappelle, David O. Selznick et Darryl Zanuck, les deux nababs de l’âge d’or hollywoodien. Autre clin d’œil amusant : le « I don’t want to die », mythique et terrifiant, prononcé dans La Dame de Shangaï de Welles et qui se retrouve dans la bouche de l’un des garçons durant l’accident. Mais on retrouve surtout dans Super 8, tout ce qui a fait la légende du film de science-fiction des années 50/60. Par exemple, il y a le thème de l’invasion, et même de façon anecdotique et drôle, de la peur du communisme propre aux films de l’époque. On pense alors à L’invasion des profanateurs de sépulture (1956), au Village des damnés (1960), et à tous ces films qui ont marqué le genre par leur symbolique. On peut aussi noter le sympathique hommage rendu à George Romero. En effet, avec son film de zombies, Charles témoigne son admiration pour La nuit des morts-vivants. D’autant que dans son histoire, l’origine du mal viendrait d’un labo nommé « Romero Chemical ». Tiens donc !

Super 8, c’est un petit vent de nostalgie pas désagréable et parfait pour l’été. Alors ne vous en privez pas. Et surtout restez jusqu’à la fin du générique pour voir le bonus.

Article écrit le 18 juin 2011 

Titre VO : Super 8 / Pays : USA / Durée : 1h50 / Distribué par Paramount Pictures/ Sortie le 3 Août 2011

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