UN AMOUR DE JEUNESSE de Mia Hansen-Løve (2011) Note : 6/10

 UN AMOUR DE JEUNESSE

 

Camille, 15 ans, vit l’amour fou avec Sullivan. Mais alors qu’elle s’enferme dans une relation exclusive, lui, décide de partir en Amérique du Sud pour vivre d’autres expériences. Laissée à Paris
sans nouvelles, Camille s’enfonce dans la dépression. Mais peu à peu, elle reprend pied et tente d’oublier Sullivan…

 

UNE PREMIÈRE PARTIE SOLAIRE, MAIS UN DEUXIÈME CHAPITRE BEAUCOUP MOINS VRAISEMBLABLE

 

Malgré sa fraîcheur et son début engageant, Un amour de jeunesse ne m’a pas totalement charmée. Pourtant, la spontanéité de son héroïne (interprétée par Lola Créton) aurait pu m’emmener
dans son tourbillon amoureux. Au départ, il y avait tous les atouts pour me plaire. Mia Hansen-Løve (réalisatrice de Tout est pardonné et Le père de mes enfants) sait filmer
l’amour naissant et la genèse des rapports conflictuels entre hommes et femmes. L’un aime plus que l’autre (la jeune fille forcément) et se montre plus démonstratif. L’autre (le garçon) est plus
détaché, survole les tempêtes, refuse de se laisser enfermer. A travers Camille et Sullivan, ce sont les drames d’adultes qui sont habilement décortiqués. Dans la maison de campagne où ils ont
pris leurs quartiers, les deux adolescents rejouent la monotonie de la vie de couple. On comprend alors que, pour eux, c’est déjà le début de la fin. D’ailleurs, rien ne laisse croire à cette
romance. Ici, la béatitude de l’amour est constamment balayée par l’entourage de Camille : les parents (Valérie Bonneton, excellente en mère cynique dont le couple bat de l’aile) et surtout
Sullivan qui s’amuse à « Je t’aime, moi non plus » sans état d’âme. Pour raconter l’ivresse des sentiments, le film se pare d’images extrêmement lumineuses et d’une grande fluidité de
mouvements, véhiculant ainsi rêverie et légèreté. Alors qu’est-ce qui cloche ? Malgré une belle première partie, Un amour de jeunesse tombe soudainement dans un chapitre censé être plus
réaliste, mais qui finalement paraît beaucoup moins vraisemblable. Camille, devenue adulte, mais jouée par la même actrice juvénile, s’installe avec un vieil architecte dans un train de vie
bourgeois et a une relation amoureuse compliquée. D’un seul coup, tout semble difficile à croire. De plus, il y a ce casting particulier. Hormis Lola Créton, qui insuffle une énergie à un film à
la limite du cliché néo-Nouvelle Vague, les autres acteurs buttent sur les mots (notamment Sebastian Urzendowsky – Sullivan) et jouent parfois faux. Mia Hansen-Løve aime les comédiens à accent
mais ceux-ci intensifient l’irréalité des répliques trop écrites et trop intellectualisées pour des adolescents.

 

 

Titre : Un amour de jeunesse / Pays : France / Durée : 1h50 / Distribué par Les Films du losange / Sortie le
6 Juillet 2011