CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER (3D) de Joe Johnston (2011) Note : 5/10

 

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En 1941, Steve Rogers, un jeune new-yorkais, essaie de s’engager dans l’armée américaine pour combattre aux côtés des Alliés. Mais sa silhouette de gringalet et sa santé fragile l’écartent
d’office des champs de bataille. Spectateur de ses multiples refus d’incorporation, mais touché par son obstination, le Dr Erskine l’intègre dans un programme militaire secret. Grâce à un étrange
sérum, Steve se transforme en Captain America : un surhomme capable de lutter contre l’Hydra, une organisation nazie dirigée par le mystérieux Crâne Rouge…

 

EN ATTENDANT THE AVENGERS

 

Hulk, Iron Man, Thor, Captain America… Ce n’est pas un secret : depuis quelques années, les studios Marvel préparent bien lourdement le terrain pour The
Avengers
, la grosse production qui réunira en 2012 la clique des super-héros. Piloté par Joss Whedon (créateur de la série Buffy contre les vampires), le projet affiche déjà les
noms de Robert Downey Jr (Iron man), Scarlett Johansson (La veuve noire), Mark Ruffalo (Hulk), Chris Hemsworth (Thor), Samuel L. Jackson et Jeremy Reiner. En attendant ce bulldozer des salles
obscures, Joe Johnston s’est attelé au preview. Le cinéaste n’est pas un nouveau venu sur la planète grand spectacle : il fut directeur des effets visuels pour la trilogie Star
Wars
, mais aussi réalisateur de Chéri, j’ai rétréci les gosses, Jumanji, Jurassic Park 3 et Wolfman. L’idée de ce Captain America est de nous
plonger dans les origines du premier Avenger, afin de nous donner envie de voir la réunion des quatre super-héros, l’année prochaine. Alors pari réussi ou chronique d’un navet annoncé ?

 

UN SPECTACLE PAS DÉPLAISANT MAIS QUI MANQUE D’HUMOUR ET D’ACTEURS CHARISMATIQUES

 

A la vue de ce garçon chétif et timide, on est un peu attendri par son obstination téméraire. Jeune homme dévoué et honnête, invisible devant les filles, souffre-douleur des plus forts, le
personnage de Steve remplit son rôle de modèle d’identification pour le spectateur. Jusqu’ici tout va bien. Puis, il devient un super-héros : beau, grand, musclé, le corps luisant. Il
devrait prendre les armes mais on l’en empêche car il n’est qu’un prototype. Le voilà donc sur scène, en bête de foire, vêtu d’un collant et du drapeau américain, dansant aux côtés d’une bande de
pin-up. Il y a quelque chose de très ironique dans ce patriotisme-spectacle dont se nourrissent avidement les Américains. Mais l’humour s’arrête ici. Le film reprend peu à peu son premier degré
quand Captain America rejoint enfin l’armée. C’est là qu’apparaissent les principaux défauts du film. Cela commence par le casting. A part Tommy Lee Jones et Dominic Cooper (The Duchess,
Tamara Drewe, Une éducation) qui ne sont que des personnages secondaires, la distribution principale n’est pas très impressionnante. Chris Evans, connu surtout pour son rôle de La Torche
dans Les Quatre Fantastiques, a beau surprendre en passant du garçon chétif au corps de Musclor, l’acteur reste toujours aussi transparent et désincarné. Le rôle féminin n’est pas plus
passionnant et séduisant, si bien que l’amourette qui se construit en marge de l’intrigue ne fonctionne pas. Le film, manquant de personnalités fortes, voit la mollesse de ses acteurs et de
ses personnages se confondre. Ainsi, le duel ultime entre Captain America et Crâne Rouge devient presque sans intérêt. Autre qualité qui fait cruellement défaut au film : l’humour. Entre
moments de flottements dans les dialogues et froideur des relations entre les personnages, on a parfois du mal à se sentir concerné surtout que ça ne rigole pas. Seul Tommy Lee Jones, qui
plaisante sur la maigreur de Steve et pose un oeil distant sur tout ce qui se passe, apporte sa pointe de sarcasme à cette aventure dépourvue de deuxième degré. Enfin, même si le film évite de
s’enfoncer dans le délire patriotique, on ne peut ignorer son opportunisme vis-à-vis du 11 septembre. Sortant peu de temps avant l’anniversaire des 10 ans du drame, le film n’oublie pas
d’adresser des clins d’œil appuyés à la grosse pomme : par exemple, quand Captain America découvre la destination des avions tueurs de Crâne Rouge, il est saisi d’une vive
émotion en voyant celui destiné à New York. De même, les soldats de l’ennemi, qui n’ont pas peur de mourir pour leur chef, se rapprochent plus des terroristes kamikazes que des idéologues nazis.

 

ET LA 3D DANS TOUT ÇA ? …QUELLE 3D ????

 

Je ne le redirai jamais assez sur ce blog, la 3D c’est de l’arnaque. Preuve encore avec ce film où, non seulement, les scènes d’actions ne sont pas spectaculaires, mais où on nous oblige à mettre
des lunettes qui assombrissent l’écran, sans apporter la moindre plus-value visuelle. Car dans Captain America, je n’ai pas vu la 3D : ni dans les scènes de batailles aériennes, ni
dans les cimes enneigées franchies par Steve et son armée. Dans une séquence, une lutte terrestre avec flux de lumière rappelle étrangement Tron. Mais là encore, il n’y aucun relief. Que
ce soit clair : vous ne verrez jamais de 3D dans ce film. Donc si vous devez le voir, ce sera en 2D sinon rien !

 

Pas désagréable, le film pêche tout de même par son manque d’ambition : pas de deuxième degré et acteurs peu investis. Pourtant, malgré ces faiblesses, et contre toute attente, Captain
America
 réussit à remplir sa mission : après 2h04 de spectacle plus ou moins captivant, le film nous offre un final alléchant, en guise de teaser pour The Avengers.
Dommage que le film ne commence vraiment qu’à la fin !

 

 

Article écrit le 13 Août 2011 

 

Titre VO : Captain America : First avenger / Pays : USA / Durée : 2h04 / Distribué par Paramount / Sortie le
17 Aout 2011