LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES de Rupert Wyatt (2011) Note : 7/10

PLANETE DES SINGES

 

Hormis la série des années 70 et les films avec Charlton Heston, La planète des singes évoquait surtout pour moi l’abominable navet pondu par Tim Burton en 2001. Je m’en rappelle
encore : Mark Wahlberg et une mannequin pas connue avaient de rares lignes de dialogues entre des scènes bourrées de mauvais effets spéciaux. Depuis plus rien, à croire que Burton avait
définitivement enterré le mythe. Et puis, en 2011, arrive ce Rise of the Planet of the Apes, surfant sur la mode des « prequel », et dont j’imaginais déjà l’avalanche d’effets
visuels et de répliques décervelées…

 

ENTRE CRISE IDENTITAIRE ET AFFIRMATIONS COMMUNAUTAIRES, UN BLOCKBUSTER PLEIN DE SURPRISES

 

Mais voilà que, ô surprise, le film est tout autre. D’abord grâce à son parti pris : nous laissant croire que le héros est un scientifique (James Franco) cherchant un vaccin contre Alzheimer
sur des singes, l’intrigue préfère finalement se concentrer sur César (Andy Serkis dans une très bonne Motion Capture), jeune primate sauvé de la mort par le chercheur. Nous voilà déjà intrigués
par cette petite boule de poils surdouée, jouant la séduction avec ses yeux émeraude. Puis les années passent, César devient un grand gaillard domestiqué qui s’interroge sur sa condition et son
identité. Tout est vu à travers son regard égaré, sa frustration et sa marginalité. Une rupture entre César et son maître semble inévitable. C’est là que l’histoire commence à prendre de
l’envergure. Parfois proche du film de prison, cette Planète des singes observe la construction lente et minutieuse d’une figure de leader. Trop intégré dans le monde des humains et trop
civilisé, César doit se faire accepter par ses semblables. Le personnage semble piégé entre deux mondes : celui de Will, son maître, qui le traite autant comme un enfant que comme un animal
domestique, et celui des singes qui, voyant ses vêtements et ses manières, le traitent comme un étranger. César fait penser à ces enfants d’immigrés, à la fois étrangers en Occident et
occidentaux chez eux. Il préfèrera rejoindre les siens pour retrouver ses racines et échapper à l’intolérance des hommes. Face à une humanité plus sauvage qu’on ne le pense, le spectateur ne peut
que prendre fait et cause pour César, devenu initiateur d’une révolte communautaire. Bien sûr le film a ses défauts : une réalisation peu ambitieuse et un scénario affublé d’une amourette de
convention (entre James Franco et Freida Pinto). Mais Robert Wyatt surprend en évoquant l’intolérance, l’oppression et le souci d’appartenance à un groupe avec vivacité. La révolution des
primates apparaît comme une métaphore des phénomènes de repli communautaire que connaît la société d’aujourd’hui. Loin du simple blockbuster et malgré son titre pompeux, La planète des
singes : les origines
insuffle un petit vent de révolte pas désagréable en cette période de daubes estivales. On attend la suite. 

 

 

 

 

Titre VO : Rise of the Planet of the Apes / Pays : USA / Durée : 2h00 / Distribué par Twentieth Century Fox/
Sortie le 10 Aout 2011