LA GUERRE EST DÉCLARÉE de Valérie Donzelli (2011) Note : 7/10

 

 

LA GUERRE EST DECLAREE

 

Roméo et Juliette s’aiment, font un enfant et l’appellent Adam. Mais leur bonheur est bientôt troublé par la découverte d’une maladie grave chez l’enfant. Roméo et Juliette n’ont pas le
choix : il faudra accepter, souffrir, espérer et surtout tenir.

 

UN DRAME JOYEUX QUI VOUS EMPORTE DANS SA LÉGÈRETÉ

 

Entre Valérie Donzelli et moi, ce n’était pas le grand amour ! Je n’ai pas aimé La reine des pommes, sa première réalisation ; j’ai vite oublié Pourquoi tu pleures ?, la comédie ratée de Katia Lewkowicz, où elle
avait un rôle pénible ; et surtout je me suis exaspérée devant Belleville Tokyo d’Elise Girard, où elle et son ex-compagnon, Jérémie Elkaïm, se
déchiraient dans une chronique mal filmée et ultra glauque. Ce que je reprochais à Valérie Donzelli, c’était l’amateurisme dont elle avait fait son credo : jeu d’acteur volontairement faux,
ton en décalage permanent et une adulescence ouvertement revendiquée. Avec son absence de mise-en-scène, ses mauvais cadrages, ses images pauvres et ses lourds clins d’œil à Jacques Demy, La
Reine des pommes
avait tout de la vaste blague.

 

Mais dans cette Guerre est déclarée, tout a changé. L’actrice-réalisatrice aborde ici un épisode douloureux de sa vie, qu’elle a partagé avec Jérémie Elkaïm. Aujourd’hui séparés, les
deux comédiens rejouent sous nos yeux le drame intime qui les a liés à jamais. Pourtant, ils évitent élégamment tout pathos et voyeurisme. Bien au contraire, ils affichent une force mentale et
une pudeur touchantes. Difficile de ne pas les aimer ces deux-là, avec leurs doutes, leurs angoisses, leurs joies et leurs espoirs. Face à l’annonce de la maladie, la lutte ne fait que commencer.
Elle sera difficile mais à deux, l’obstacle parait moins insurmontable. Quand l’un flanche, l’autre reprend les armes tel un soldat sur un champ de bataille psychologique. On sent une vraie
sincérité dans ce drame joyeux qui nous emporte dans ses tourments. Plus précise, plus maîtrisée que dans La Reine des pommes, la mise en scène joue habilement avec les références.
Valérie Donzelli convoque Demy et Truffaut pour un concert de légèreté malgré la tragédie. La cinéaste se réapproprie les codes de la Nouvelle Vague pour créer une œuvre personnelle et
terriblement optimiste. Bien sûr, le film est loin d’être parfait : musique envahissante, dialogues parfois un peu fades… Mais l’émotion l’emporte sur le reste. Avec La guerre est
déclarée
, le duo Donzelli-Elkaïm nous offre une jolie surprise de fin d’été.

 

 

  

Titre : La guerre est déclarée / Pays : France/ Durée : 1h40 / Distribué par Wild Bunch Distribution / Sortie
le 31 Août 2011