WARRIOR de Gavin O’Connor (2011)

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De retour d’Irak, Tommy Conlon, un marine au passé trouble, s’inscrit à un tournoi de free fight, pour tenter de gagner un prix de 5 millions de dollars. Pour s’entraîner, l’ex-soldat reprend contact avec son père, un ancien alcoolique qui fut autrefois son coach. Les nerfs à vif, le jeune homme a une revanche à prendre sur une vie gâchée par l’addiction de son père. Dans le même temps, son frère Brendan, avec qui il a rompu tout lien, s’inscrit également au tournoi pour sauver sa famille d’une expulsion. Poussés jusqu’au ring par des problèmes personnels, les deux hommes vont devoir s’affronter dans une lutte aux enjeux vitaux…

UN SOUS-FIGHTER SANS ÂME

 Autant le dire, ce n’est pas de la grande réalisation ! Avec sa caméra instable façon cinéma indépendant, le film se perd dans une imagerie totalement clichée. Gavin O’Connor multiplie les gros plans sur les visages de ses personnages, pour montrer qu’ils ont souffert et qu’ils ont la rage. Le jeu de Tom Hardy (Bronson, Inception) est excessivement grave afin de créer l’image d’un héros brut qui a des fêlures. Mention spéciale à Nick Nolte qui traîne sa carcasse de vieil alcoolique avec une exagération théâtrale. Même sa voix éraillée est au service d’une diction faussement résignée. Mais ses gémissements ne persuadent jamais d’une réelle tension entre père et fils. Il faut dire que la narration a du mal à servir le propos du film. Quand il ne s’égare pas dans une séquence de split-screens de 10 minutes, Gavin O’Connor s’embourbe dans des rebondissements difficilement crédibles (par exemple, les retournements de situation durant les combats). On peut tout de même louer les scènes d’affrontement particulièrement soignées et très réalistes, nous faisant entrer dans les cages du free fight. Mais alors qu’il tente de jouer les cinémas modestes et désargentés, le film a tout l’air d’un vulgaire combat de catch pourri par l’argent. Et la musique grandiloquente et intempestive confirme l’artifice. Surfant de façon opportuniste sur le succès de The Fighter (sorti chez le même distributeur), Warrior est un sous-produit de 2h20 à oublier très vite.

Titre VO : Warrior/ Pays : USA/ Durée : 2h20 / Distribué par Metropolitan Film Export/ Sortie le 14 septembre 2011

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