LES MARCHES DU POUVOIR de George Clooney (2011) Note : 7/10

LES MARCHES DU POUVOIR

A 30 ans, Stephen Meyers est déjà un petit prodige de la politique. En pleines primaires démocrates, il gère d’une main de maître la communication du gouverneur Mike Morris. Croyant fermement à la cause de son candidat, Meyers s’investit totalement dans cette campagne faite pourtant de coup bas et de tractations difficiles. Mais les mauvais sondages et une proposition alléchante du camp adverse remettent en cause l’engagement du jeune idéaliste…

UN THRILLER POLITIQUE EFFICACE À  DÉFAUT D’ÊTRE
CORROSIF

Après les prometteurs Confessions d’un homme dangereux et Good night and good luck (on préfère oublier la comédie ratée Jeux de dupes), George Clooney signe ici sa quatrième réalisation et confirme sa volonté de se construire une filmographie engagée. A ce titre, Les Marches du pouvoir distille son cynisme à chaque phrase quand il s’atèle à décortiquer une stratégie de campagne. Mike Morris (George Clooney), candidat charmeur et droit dans ses bottes, a les talents d’orateur d’un Obama et la sincérité chevillée au corps. Dans l’ombre, Stephen Meyers (Ryan Gosling), un jeune loup, charmeur lui aussi, est sûr d’avoir choisi la bonne équipe, celle qui sera en route pour la présidence des Etats-Unis. Ils sont beaux et semblent honnêtes, mais qu’on ne s’y trompe pas, ces VRP du pouvoir vous disent surtout ce que vous voulez entendre. D’ailleurs dans le film, tout est question de séduction. Le réalisateur Clooney cadre ses personnages d’une main caressante, dans une ambiance de Rat Pack. Dans le bar où ils ont leurs habitudes, les play-boys de la politique susurrent des mots doux à la presse pendant qu’un crooner fait son tour de chant. A bonne distance, il y a Paul (Philip Seymour Hoffman), un directeur de campagne expérimenté qui ne jure que par sa sacro-sainte loyauté. Un candidat idéal et des communicants vertueux qui combattent un monde impitoyable ? On attend que le vernis craque. Mais c’est justement dans cette partie censée être plus ouvertement virulente que le film se fait doux comme un agneau. A l’image du crooner de fin de soirée, la critique politique reste aussi douce que du miel. Le titre original des Marches du pouvoir est Ides of March, terme hautement symbolique car il suggère un acte de trahison : l’assassinat de Jules César par Brutus, pendant les Ides de Mars. Ici, la traîtrise a plutôt des airs de jeux d’enfants. Une rencontre stratégique dans un bar et des galipettes avec une stagiaire vont vite transformer le fielleux film politique en thriller d’un classicisme exaspérant. Ni corruption, ni révélations explosives ne viendront étoffer une histoire devenant peu à peu banale. Pour seule morale, Meyers perdra ses illusions en devenant un monstre politique. On aurait aimé voir plus de complexité chez le candidat Clooney, dont le portrait est à peine esquissé. Mais Les Marches du pouvoir n’en reste pas moins un thriller politique agréable.

Titre VO : Ides of March/ Pays : USA/ Durée : 1h35/ Distribué par Metropolitan Film Export/Sortie le 26 Octobre
2011

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