IL ÉTAIT UNE FOIS EN ANATOLIE de Nuri Bilge Ceylan (2011)

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En pleine nuit, sur les terres d’Anatolie, un meurtrier fait tourner en bourrique des policiers à la recherche du corps de sa victime. A l’écart, un médecin légiste et un procureur discutent de tout et de rien. Au fil de leurs conversations, se dessine l’histoire d’une femme qui a prédit sa propre mort…

UN LONG, TRÈS LONG, PÉRIPLE DANS LA NOIRCEUR DE L’ÂME HUMAINE

Nuri Bilge Ceylan est un poète. Cinéaste contemplatif, l’auteur d’Uzak, Les climats et Les trois singes, nous offre un beau voyage en Anatolie par un élégant jeu d’ombres et de lumières. Dans une quasi-obscurité, des phares de voitures arpentent les plaines tels des feux ardents. Oui c’est « magnifique », oui c’est « envoûtant » comme le dit si bien l’affiche. Mais quelques scènes peuvent-elles rendre un film entièrement « sublime » ? Les voitures s’arrêtent, des policiers en sortent avec leur prisonnier, puis remontent bredouilles. Des conversations anodines se mêlent aux récits de l’enquête. Puis re-feux ardents, re-conversations et re-flics qui ne trouvent pas ce fichu cadavre… Cette comédie se répète inlassablement pendant une heure et demi, comme un cinéma qui se complait dans ses lentes réflexions existentielles et finalement stériles. Mais le problème du film n’est pas sa lenteur. Non, ce serait trop simple. Ce qui dérange plutôt, c’est son déséquilibre. Une heure et demi de palabres soporifiques dans l’obscurité, puis soudainement, l’éveil. Une jeune fille porteuse de lumière surgit dans ce groupe masculin, telle un tableau de Georges de La Tour. Cette rencontre féerique, presque irréelle, relance tout à coup l’intrigue. Poussé par cet élan de pureté visuelle, le meurtrier se décide enfin à assumer son crime. Le cadavre est retrouvé, le mystère élucidé et Il était une fois en Anatolie se lance dans un autre film : comique, tragique, désabusé et passionnant. Une nouvelle heure à vivre avec ses rebondissements et ses dénouements surprenants. Puis, une scène d’autopsie aux bruitages dignes d’un film d’horreur achève cette épopée. Cette dernière partie captivante et hilarante aurait pu m’enthousiasmer. C’est d’ailleurs cet unique chapitre qui nourrit la bande-annonce. Mais Nuri Bilge Ceylan m’avait déjà perdue avant, dans cette heure et demi laborieuse, prélude à mon sommeil.

Titre VO : Bir Zamanlar Anadolu’da/ Pays : Turquie/ Durée : 2h37/ Distribué par Memento Films Distribution/Sortie le 2 Novembre 2011

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