LES ADOPTÉS de Mélanie Laurent (2011)

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Millie, Lisa et Marine : une mère et deux soeurs formant une communauté de femmes où les hommes n’ont pas leur place. Lisa, l’amoureuse déçue, élève seule son fils tandis que Marine, la rêveuse, attend encore le grand amour. Lorsque cette dernière rencontre Alex, les deux sœurs s’éloignent. C’est alors qu’un accident survient…

UN PREMIER ESSAI EN FORME DE BEST OF FILMOGRAPHIQUE

Vous l’avez connue violoniste dans Le concert, vue affronter l’absence d’un proche dans Je vais bien ne t’en fais pas, entendue évoquer ses déboires amoureux dans Beginners, voici Mélanie Laurent reprenant tous ces rôles à la fois dans sa première réalisation, Les adoptés. Dans ce film qui compile un peu de chaque moment cinématographique de l’actrice, il y a quelque chose de désespérant et désespéré. D’abord désespérant quand on constate que Mélanie Laurent, en élève appliquée, a copié sans vergogne ses camarades réalisateurs. En résulte une accumulation de clichés d’un genre qu’on a souvent fantasmé sans réellement le voir se concrétiser : le film parisiano-auteuriste-branchouille. Ici, vous trouverez donc tout ce qu’il y a de plus caricatural dans une mise en scène : des plans filmés
caméra à l’épaule, des images ultra-léchées, des flous artistiques et des ralentis too much. Mélanie Laurent multiplie les effets et artificialise son film : quand il y a un moment d’émotion, elle lance une musique lounge rappelant des pubs pour parfum. A l’inverse, dans les moments comiques, elle installe des silences pour créer un décalage entre la réplique et l’entourage qui ne rie pas. Elle fait ça une fois, deux fois et au bout de trois, on en peut plus. Le problème est que Mélanie Laurent applique mécaniquement ce qu’elle a vu ailleurs, mais sa manière d’ingérer les expériences passées est particulièrement simpliste. Dans ses thèmes, il y a les sujets des réalisateurs qui l’ont fait tourner, notamment Philippe Lioret (Je vais bien ne t’en fais pas) qui questionnait l’absence et Mike Mills chez qui elle tentait de se reconstruire dans Beginners. D’ailleurs, on remarque que le réalisateur l’a beaucoup inspirée : par exemple dans des plans fixes où la voix off de l’actrice se lance dans des questionnements existentiels ou dans l’accumulation clipée des images. Les adoptés aurait même pu s’appeler Beginners tant les univers et les thématiques se rejoignent. Mais de cette influence lourdement appuyée, on ne retient que la fadeur de la copie et la froideur d’une narration qui ne laisse passer aucune émotion. Et dans ce drame boursouflé d’effets inutiles, il n’y a bien sûr, rien de crédible : ni Mélanie Laurent en mère célibataire réparant des violons, ni Denis Ménochet en critique culinaire amoureux, et surtout pas Audrey Lamy en bouquiniste spécialiste de la littérature anglo-saxonne. Ne parlons même pas de l’héroïne, Marie Denardaud, dont le salaire de libraire lui permet de vivre dans un 200m2. Enfin, il y a un côté un peu désespéré dans la tentative ratée de Mélanie Laurent. Car cette manie de vouloir être partout (actrice, chanteuse et maintenant réalisatrice), et de sans cesse le rappeler (ML  n’en oublie pas de se filmer en chanteuse au début et à la fin du film) témoigne d’un narcissisme maladroit et d’une mégalomanie naïve.

Titre : Les adoptés/ Pays : France/ Durée : 1h40/ Distribué par Studio Canal /Sortie le 23 Novembre 2011

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