ANOTHER HAPPY DAY de Sam Levinson (2012) Note : 7/10

ANOTHER-HAPPY-DAY.jpg

Famille, je te hais ! Lynn ne le dit pas mais n’en pense pas moins. Pas étonnant quand on voit ses parents insensibles, ses sœurs cancanières et ses enfants névrosés. En plus, il y a Paul, son ex-mari sans cœur, qui a refait sa vie avec une plantureuse pimbêche. Et dire que tout ce petit monde doit se retrouver pour le mariage de Dylan, le fils aîné ! Est-ce que Lynn saura mettre ses rancoeurs de côté pour la cérémonie ? Pas sûr…

FAMILLE AU BORD DE LA CRISE DE NERFS…

Drôle, tendu, hilarant, larmoyant, le premier film de Sam Levinson (fils de Barry) est une gigantesque montagne russe. Another Happy Day vivote selon les humeurs de Lynn (Ellen Barkin), femme au bord de la crise de nerfs qui passe du rire aux larmes avec la même hystérie. Mais bientôt, se profile l’objet de ses angoisses : ses enfants. D’abord, Eliott (Ezra Miller excellent), fils alcoolique et toxicomane, jamais avare de sarcasmes ; puis Ben, petit génie légèrement autiste ; et enfin Alice (Kate Bothworth), fille fragile et autodestructrice. Bizarrement, le seul à aller bien est Dylan, le futur marié. Forcément, il a vécu avec son père… Le film évoque ici le cas de deux familles recomposées : celle de Paul qui s’épanouit dans l’harmonie la plus complète et celle de Lynn qui, malgré sa nouvelle vie avec Lee et leurs enfants (Ben et Eliott), ne trouve pas la sérénité. Derrière ce tableau bancal, Sam Levinson questionne la rupture. Douloureuse pour elle, libératrice pour lui, elle a changé à jamais les destins de chacun. Alors que Paul est passé à autre chose avec son fils Dylan, Lynn et sa fille Alice ont cultivé rancunes et frustrations. La réunion de famille est donc l’occasion d’un règlement de comptes, d’une confrontation entre un bonheur égoïstement aveugle et des souffrances difficilement camouflables. Sam Levinson analyse avec beaucoup d’intelligence ce qui peut détruire un individu lors d’une séparation. A mesure que Lynn raconte ses blessures secrètes, on découvre le manque de soutien de ses parents, les réflexions de ses sœurs, l’arrogance de Paul et toutes ces petites cruautés invisibles qui, peu à peu, lui ont fait perdre confiance en elle. Bien sûr cet affrontement familial sera terrible, parfois excessif, souvent pathétique, et pourtant impossible de ne pas adhérer à la douleur de Lynn tellement elle s’exprime avec sincérité. Ellen Barkin est géniale dans ce rôle de mère désoeuvrée. Face à elle une touchante Ellen Burstyn en mamie exaspérée. Mention spéciale à Demi Moore qui joue l’insupportable rivale de Lynn avec exubérance. Mais surtout, il y a Ezra Miller, vu récemment dans We need to talk about Kevin, dont le mystère illustre à merveille toute la confusion interne de l’être humain.

Titre VO: Another happy day / Pays : USA/ Durée : 1h59/ Distribué par Memento Films/Sortie le 1er Février 2012

Publicités