LA DAME DE FER de Phyllida Lloyd (2012)

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Premier ministre de 1979 à 1990, Margaret Thatcher a régné d’une main de fer sur le territoire britannique. Face à la crise économique, au terrorisme de l’IRA  ou à la guerre des Malouines, elle a toujours fait preuve de la même fermeté. Ce sont ses positions radicales qui lui valurent le surnom de Iron Lady. Aujourd’hui, Margaret Thatcher, 87 ans, a perdu de sa superbe. Prise d’absences régulières, elle se terre dans sa propriété, revivant inlassablement son passé. L’occasion de découvrir les débuts d’une femme politique qui a dû lutter pour s’imposer dans un monde d’hommes.

AU DELÀ DE LA PERFORMANCE PHYSIQUE, UN BIOPIC TRÈS CONSENSUEL

Avant La dame de fer, Phyllida Lloyd avait signé Mamma Mia, l’adaptation cinéma de la comédie musicale. Ici, point de chanson, mais une petite musique déjà trop souvent entendue : le biopic politique qui ne fait pas de vague. Au départ, une jeune fille au physique ingrat et au train de vie modeste, subissant les moqueries de jolies poupées écervelées. Margaret se fiche d’être maquillée comme une starlette, elle rêve plutôt d’étudier à Oxford et de s’engager en politique. Son diplôme en poche, elle commence à diffuser ses thèses conservatrices au moyen d’élections locales. La valeur Travail, il n’y a que ça de vrai. Elle le dit et le répète jusqu’à conquérir l’électorat travailliste. Désormais mariée et mère de deux enfants, elle n’en oublie pas sa carrière qu’elle place aisément au premier plan. Quelques années plus tard, on retrouve Margaret à la chambre des Lords, moquée, là encore, pour ses chapeaux excentriques et ses tailleurs de mémère. Face à un bastion d’hommes hargneux et un public sceptique, il lui faudra changer de coiffure et donner un ton moins hystérique à sa voix. C’est ce qui lui permettra d’emmener le parti jusqu’au pouvoir. S’enchaineront alors les obstacles que connaissent tous les politiques : les décisions impopulaires, les conflits sociaux, puis le désaveu de son propre camp… Dans ce défilement didactique d’évènements, on espère en vain explorer la complexité du personnage. Mais Phyllida Lloyd reste en surface, préférant jouer sur la ressemblance spectaculaire de Meryl Streep et sa phase de coaching façon Discours d’un roi. La seule originalité vient de cette terrible alternance entre l’intransigeance passée et la sénilité du présent. Malheureusement, elle ne réussit pas à faire émerger la moindre remise en question d’une figure à la radicalité contestable. Décidément, il semble compliqué de réaliser un film critique sur des gens de pouvoir. Entre un J. Edgar Hoover vu par le prisme de sa sensibilité homosexuelle et un président français réduit à une simple victime du cocufiage (La conquête de Xavier Durringer), le cinéma n’a visiblement pas envie de s’attirer les foudres des puissants. N’émergent alors que des portraits humanisants et arrangeants avec l’Histoire.

Article écrit le 26 janvier 2012

Titre VO: The Iron Lady / Pays : UK/ Durée : 1h44/ Distribué par Pathé Distribution/Sortie le 15 Février 2012

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