A VOIR A PARIS CINEMA : LA TRILOGIE INFERNAL AFFAIRS d’Andrew Lau et Alan Mak

Pour sa 10ème édition, le festival Paris Cinéma met Hong-Kong à l’honneur avec une sélection de films classiques rares et des chef-d’œuvres signés par la crème de la crème du cinéma hong-kongais (Allen Fong, Ann Hui, John Woo ou encore Johnnie To). Après la nuit Johnnie To (du 29 au 30 juin) où le réalisateur a présenté son nouveau film Life without principle (sortie enfin prévue pour le 18 juillet !) suivi de trois pépites méconnues (Loving you, Lifeline, The longest nite), le festival propose ce soir une nuit Infernal Affairs. Pour ceux qui ne les ont pas tous vus, c’est l’occasion unique de découvrir la trilogie réalisée par Andrew Lau et Alan Mak sur grand écran (sachant que les deux derniers opus étaient sortis en France directement en DVD). Avec sa tortueuse histoire de flic et de truand infiltrés, Infernal Affairs (2002) est l’une des œuvres les plus marquantes du cinéma hong-kongais des années 2000. Ses atouts ? Une mise en scène virtuose, des acteurs tout en retenue (les excellents Andy Lau, Tony Leung Chiu-Wai et Anthony Wong) et un scénario diaboliquement complexe. Pas étonnant que le film ait fait des envieux : Martin Scorsese n’a pas tardé à en tirer un remake pompeux, Les infiltrés (2006), qui lui a tout de même valu 4 Oscars…

Souvent attribué à tord au grand maître du thriller Johnnie To, Infernal Affairs n’en est pas moins doté d’une réalisation fulgurante. Bien sûr, on ne retrouve pas chez Andrew Lau et Alan Mak, la magnifique chorégraphie propre aux scènes d’action et de violence de To (Fulltime Killer, PTU, Election 1 & 2, Exilé…). Pourtant, le duo se démarque de ses pairs par des angles vertigineux, des cadrages resserrés et une caméra terriblement oppressante. Alors que le premier chapitre s’intéressait aux rôles schizophréniques des deux agents, Ming et Yan, et les opposait dans un duel psychologique des plus éprouvants, Infernal Affairs II (2003) revient 10 ans plus tôt au moment où les deux hommes, sortis de l’école de police, démarrent leur infiltration. Mais c’est autour de la relation entre Sam le mafieux et le commissaire Wong, les instigateurs de ce jeu de dupes, que tourne l’intrigue. A l’époque c’est le clan Ngai qui règne en maître sur la ville et Sam n’est ici qu’un sbire, un intermédiaire sympathique mais sans grande ambition, mené à la baguette par une épouse opportuniste. Le film s’annonce donc comme le récit terrible d’un homme amené par les circonstances à devenir un monstre. Plus intimiste, ce volet révèle la part la plus sombre des personnages et nous éclaire sur certains mystères de l’épisode I. Infernal Affairs III (2003) prend la suite du premier chapitre et embarque Ming dans une nouvelle enquête pour l’IGS, après un mois de suspension. Mais le passé de l’ex-taupe n’est pas définitivement enterré et des preuves reliant Ming et Sam sont sur le point d’être révélées. Un peu moins enlevée que les deux précédents épisodes, cette dernière aventure révèle cependant un étonnant trio et clôt en beauté la saga.

A voir aux 3 Luxembourg (67 rue monsieur Leprince 75006 Paris) , Nuit Infernal Affairs, du samedi 7 au dimanche 8 Juillet dès 00h15 :

http://www.pariscinema.org/fr/film/fiche-film.html?film_id=3264

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